Les chroniques d’une jardinière ordinaire

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Blog de jardinage qui offre des portraits de plantes ainsi que des trucs et conseils.

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  • Les cannas, pour une touche d'exotisme
    par Isabelle Frappier le 28/09/2020

    Je vous parle aujourd'hui d'une plante absolument superbe mais que je ne cultive malheureusement pas; en fait, j'en ai déjà eu mais son allure exotique ne convient pas vraiment à mon jardin, qui est plutôt champêtre. Par contre, pour qui souhaite rehausser son patio ou son aménagement d'un petit côté "forêt tropicale", les cannas sont tout indiqués.Les cannas poussent à partir de rhizomes (tiges souterraines renflées) et c'est sous cette forme qu'il est plus économique de les acheter; on peut cependant se procurer des plants en pots sans problèmes. On les cultive au Québec comme annuelles, puisqu'ils ne survivent pas à nos hivers, mais il suffit de déterrer les rhizomes à l'automne et de les entreposer pour les réutiliser l'année suivante. On les traité comme des bulbes tendres.Originaires des régions tropicales d'Amérique, les cannas produisent de grandes feuilles semblables à celles des bananiers; elles peuvent être d'un beau vert strié de rose, de blanc ou de jaune, ou être entièrement pourpres. Quant à la floraison, elle est souvent de couleur vive (jaune, orangée, rouge), blanche ou bicolore. La période de croissance étant assez longue, les grosses fleurs éclosent plutôt en seconde partie de l'été. Mais quel spectacle!Les cannas sont des plantes de grande taille (de 70 à plus de 150 cm) qui peuvent être cultivées en pot ou en pleine terre. Ils apprécient les emplacements ensoleillés mais tolèrent la mi-ombre. Si vous achetez des rhizomes, prenez-les bien fermes et joufflus. Plantez-les en pot à l'intérieur au printemps; ils pourront être transférés au jardin lorsque les températures seront plus chaudes. Du fait de la lenteur de leur croissance, si on ne les démarre pas à l'avance, ils risquent de ne pas avoir le temps de fleurir avant l'arrivée des temps froids.A l'automne, coupez les tiges et déterrez les rhizomes; après les avoir soigneusement nettoyés à l'eau courante, asséchez-les puis entreposez-les dans un endroit sec et frais. Vérifiez à l'occasion afin de vous assurer qu'ils ne pourrissent pas.Après 2 ou 3 ans, il est fort possible que les rhizomes aient besoin d'être divisés; pour ce faire, coupez-les avec un bon couteau en vous assurant que chacune des parties comporte une pointe de croissance. Chaque morceau produira un nouveau plant. De quoi en offrir à tout le voisinage!En résumé, la culture des cannas est facile; tentez l'expérience, vous comprendrez pourquoi ils sont si populaires!

  • La cueillette en nature: prudence!
    par Isabelle Frappier le 24/09/2020

    Il nous arrivé à tous, lors d'une balade à la campagne ou en forêt, de nous extasier devant la beauté des fleurs sauvages. Or, si ça ne pose aucun problème de cueillir quelques marguerites ou une brassée de verges d'or, il en va tout autrement en ce qui concerne certaines espèces de notre flore.J'avoue qu'il m'est arrivé à quelques occasions de prélever un plant ici et là en nature; pourquoi payer pour un pot de verges d'or (Solidago canadensis) en centre-jardin quand il y en a des centaines dans les champs? De même, j'adore l'aster à feuilles cordées (Symphyotricum cordifolium) mais il est assez difficile à trouver sur le marché; or, il pousse à foison dans mon coin...Mais ce n'est pas un geste que je pose à la légère! Il y a certaines précautions à prendre avant de rapporter un spécimen sauvage pour le jardin.Comme toujours, bien s'informer est primordial; c'est la seule manière de ne pas commettre une bêtise dont on se mordra ensuite les doigts. Donc, primo: identifier l'espèce qu'on souhaite prélever.Est-ce une plante envahissante? Bien des jardiniers québécois souhaitent cultiver de l'asclépiade commune (Asclepias syriaca) car elle constitue la source d'alimentation exclusive du papillon monarque, une espèce en danger. Comme on trouve cette plante un peu partout, il est très facile d'enrapporter chez soi; mais si vous n'avez pas un champ ou un grand espace non aménagé, oubliez-ça. L'intention est certes louable mais comme elle se répand à la fois par ses rhizomes et ses semences, vous finirez par en avoir partout!Idem pour la salicaire pourpre (Lythrum salicaria); on la voit très souvent dans les fossés et sur le bord des cours d'eau car elle apprécie les sols humides. Et il faut bien admettre qu'elle offre une très jolie floraison; pas étonnant qu'on souhaite l'avoir chez soi. Elle est même disponible sur le marché. Il s'agit pourtant d'une plante très envahissante qu'on ne devrait jamais planter chez soi. Introduite d'Europe, elle s'est si bien adaptée ici qu'elle se ressème à qui mieux mieux et menace maintenant la flore indigène.Dans un tout autre ordre d'idées, je ne vous apprendrai rien en vous disant qu'un grand nombre d'espèces végétales dont en danger ou même carrément en voie de disparition; c'est le cas de plusieurs plantes du Québec. Par exemple, les trilles blancs (Trillium grandiflorum), qu'on aperçoit en colonies dans nos forêts au printemps, sont classés parmi les espèces vulnérables; ce n'est donc pas une bonne idée de les cueillir, d'autant plus qu'il est possible de s'en procurer chez certains producteurs.On peut être ébahi devant la beauté des orchidées indigènes du Québec, comme les différentes espèces de sabot de la vierge (Cypripedium acaule, Cypripedium calceolus); ce sont des plantes magnifiques. Elles sont cependant menacées. De toute façon, en les prélevant dans l'espoir de les cultiver chez soi, on est très mal récompensés; la plupart du temps, elles ne survivent pas au déplacement et si, par miracle, elles y arrivent, elles prendront alors de nombreuses années avant de fleurir.En résumé, avant de ramasser une plante au gré de votre promenade, assurez-vous de bien l'identifier et de connaître son statut; vous pourrez ainsi jouer un rôle important dans la préservation de la flore de votre région. Et en évitant les espèces sauvages envahissantes, vous assurerez la préservation de votre jardin!

  • Les sédums, à l'épreuve des conditions difficiles
    par Isabelle Frappier le 21/09/2020

    Si vous êtes à la recherche de plantes vivaces qui supportent très bien la chaleur et la sécheresse, les différentes espèces de sédums sont pour vous. En effet, ce sont des succulentes suffisamment rustiques pour survivre à nos rudes hivers. Ils sont parfaits pour les rocailles, les jardins alpins et la culture en auge. Mais rien ne vous empêche de les intégrer à une plate-bande mixte!Les sédums, aussi appelés orpins, sont souvent des plantes basses qui peuvent être utilisées comme couvre-sol. Je vous en présente quelques espèces :- Sédum âcre (Sedum acre): On le connaît aussi sous le nom de poivre des murailles. C'est une petite espèce rampante d'environ 10 cm de hauteur; elle produit des fleurs jaunes en forme d'étoiles de juin à septembre. Son feuillage est persistant et, attention, il est toxique.- Sédum réfléchi (Sedum reflexum ou Sedum rupestre): Il s'agit d'une espèce qui produit également une floraison jaune en été; un peu plus haute (20 cm), ses petites feuilles charnues ressemblent aux aiguilles des conifères.- Sédum du Kamtchatka (Sedum kamtschaticum): Un petit sédum rampant qui atteint 10 à 15 cm de hauteur; il se couvre en été de grappes de petites fleurs jaunes. Les feuilles en cuillères sont semi-persistantes; elles sont bordées de blanc crème chez le cultivar 'Variegatum'.- Sédum remarquable (Sedum spectabile): Souvent appelé sédum d'automne, il commence à fleurir en septembre et demeure beau jusqu'aux premiers gels. Cette espèce présente une forme buissonnante, avec des tiges de 50 à 60 cm de haut; les bouquets de minuscules fleurs roses font un peu penser à un brocoli tant ils sont denses. Contrairement à la plupart des sédums, il tolère très bien la mi-ombre. Il attire les pollinisateurs et vit très longtemps. On trouve également sur le marché des cultivars à feuilles pourpres, notamment 'Purple Emperor'.Les sédums sont tous de culture très facile; ils tolèrent bien les sols secs, pauvres, sableux ou rocheux. On les cultive habituellement au plein soleil. Personnellement, j'en ai qui ont plus de 20 ans et ils ne m'ont jamais causé de problèmes. C'est donc sans aucune hésitation que je les recommande, même aux jardiniers débutants.Bon jardinage!

  • Ma bien-aimée monarde
    par Isabelle Frappier le 17/09/2020

    Non, il ne s'agit pas d'une plante parfaite et certains jardiniers préfèrent carrément l'éviter mais, chez moi, elle fait partie des incontournables. J'ai un gros faible pour ces fleurs échevelées qui ajoutent une touche spéciale à mes plates-bandes.L'espèce que l'on trouve habituellement sur le marché est Monarda didyma; elle est originaire de l'est des États-Unis. On peut se procurer des plants dans tous les centres-jardins mais on peut également acheter des semences et faire ses propres semis, les graines germent facilement.La monarde, donc, est une vivace assez haute (autour de 1 m); ses tiges assez rigides ne nécessitent pas de tuteurage. Pour une floraison optimale, il est conseillé de la planter au plein soleil, bien qu'elle puisse tolérer un emplacement mi-ombragé.Le feuillage de la monarde est aromatique et ses feuilles peuvent être utilisées en tisanes; elles auraient, selon les herboristes, des propriétés digestives et seraient également utiles pour soigner le rhume et la bronchite, entre autres.Les fleurs, qui présentent des bractées colorées leur donnant cette allure un peu ébouriffée, sont également comestibles. La floraison survient en début d'été et se poursuit pendant plusieurs semaines, ce qui est fort intéressant pour les aménagements. Selon les cultivars, les fleurs peuvent être rouges, roses, blanches ou violettes.J'ai écrit plus haut que la monarde n'est pas une plante parfaite... En effet, elle a un gros défaut: elle est sensible à la maladie du blanc (oïdium), une affection fongique qui, si elle ne tue pas les plantes, en détériore passablement l'apparence. Il y a quelques trucs qui peuvent contribuer à prévenir l'apparition de la maladie (voir l'article L'oïdium, quelle plaie!), heureusement, et les hybrideurs développent des variétés qui y résistent davantage. Informez-vous auprès de votre détaillant.On peut aussi tout simplement planter les monardes derrière une plante un peu plus basse qui camoufflera le feuillage abîmé!Une espèce indigène au QuébecJ'ai découvert il y a deux ans qu'une espèce, la monarde fistuleuse (Monarda fistulosa), appartient à notre faune indigène. Comme je suis particulièrement intéressée par ces plantes d'ici, j'en ai semé quelques plants chez moi; je ne peux guère donner mon avis sur la floraison, puisqu'elle ne s'est pas encore produite, mais déjà, j'apprécie la robustesse des tiges et la beauté du feuillage. La croissance est rapide, également. La monarde fistuleuse ressemble énormément à sa cousine et se cultive de la même manière; sa floraison est d'un joli violet pâle (j'ai si hâte de la voir en vrai!).Outre sa couleur, pour laquelle j'ai eu un coup de coeur, et le fait qu'elle soit originaire de notre coin de pays, ce qui m'a poussée à la cultiver, c'est le fait qu'elle soit réputée pour résister aux maladies fongiques. Le temps me le dira... Mais selon mes observations jusqu'à maintenant, ça semble être le cas.Donc, si vous ne recherchez pas à tout prix la perfection, la monarde est un ajout précieux au jardin, ne serait-ce que pour sa floraison prolongée et sa beauté. Bon jardinage!

  • 5 astuces pour le jardin
    par Isabelle Frappier le 14/09/2020

    Inspirée par l'un des thèmes proposés par la Blogo qui déchire, j'ai eu envie de partager avec vous quelques petites astuces que j'ai développées au fil de toutes ces années passées à jouer dans mon jardin. Oh, rien de très compliqué, des petits trucs qui permettent d'épargner du temps, de l'argent et de profiter davantage de ce merveilleux loisir!1. Multipliez vos nouvelles vivaces avant même de les planter.Au moment de faire l'achat d'une vivace, jetez un petit coup d'oeil dans le pot: il n'est pas rare d'y voir une petite tige secondaire comportant elle aussi un petit bout de racine... Au moment de la plantation, séparez ce "bébé" du plant principal: voilà, vous obtenez un 2 pour 1!Ce n'est pas de la radinerie, c'est tirer le meilleur profit de son achat. Cette année, j'ai réussi à détacher deux tiges du plant d'actée rouge que je me suis procuré; j'ai donc un beau plant bien installé dans le jardin et deux autres en devenir qui vont grandir tranquillement... Trois actées pour le prix d'une, j'appelle ça un très bon "deal"!On peut même diviser notre nouvelle acquisition carrément en deux en tranchant à travers la motte de racines avec un couteau. C'est ce que j'ai fait avec mon échelle de Jacob car j'avais besoin de deux plants mais il n'en restait qu'un seul. C'est cependant plus risqué; c'est un gros stress pour la plante et on ne sait jamais si elle va bien récupérer ou non... Mes deux moitiés d'échelle de Jacob m'ont d'ailleurs fait très peur, ils ont eu l'air piteux une bonne partie de l'été et j'ai bien cru que j'allais les perdre. Mais, ouf, ils ont fini par reprendre le dessus et se portent à merveille.2. Recyclez vos bas-culottes.Lorsqu'on doit tuteurer une plante, on utilise souvent de la ficelle ou du fil transparent; malheureusement, la friction de ce lien contre la tige peut blesser celle-ci. Et qui dit blessure dit porte d'entrée pour les bactéries ou les champignons.Utilisez plutôt des lanières découpées dans des bas-culottes (je préfère les noirs, c'est plus discret). Le frottement sera moins "douloureux" pour vos végétaux et comme c'est un tissu qui présente une certaine élasticité, il permet aux tiges de prendre de l'épaisseur, si besoin.Les bas-culottes sont aussi très utiles pour maintenir en place une branche d'arbre cassée mais encore rattachée au tronc ou à une branche principale.3. "Tondez" vos feuilles mortes.Je déteste passer des heures à ratteler la pelouse à l'automne! Et vous? Si vous souhaitez vous épargner le ramassage des feuilles mortes, sortez la tondeuse à gazon! Vous devrez sans doute effectuer deux ou trois passages mais ces foutues feuilles seront ainsi déchiquetées et, avec la prochaine pluie, leurs fragments se déposeront sur la terre, où elles se décomposeront rapidement. Non seulement vous vous dispenserez d'une tâche harassante mais, en prime, vous enrichirez votre sol! 4. Arrosez vos plantes quand vous n'êtes pas là.C'est le temps des vacances et vous vous inquiétez pour vos potées fleuries, qui devront se passer de vos soins? Installez-leur un goutte-à-goutte!Il suffit de percer un trou dans le bouchon d'une petite bouteille d'eau; remplissez la bouteille, revissez le bouchon et plantez le goulot dans le pot, à la base des racines. Simple et efficace! Je vous suggère tout de même de placer vos potées à l'ombre afin qu'elles ne perdent pas trop d'humidité...5. Fabriquez vos propres étiquettes.Je ne sais pas pour vous, mais j'ai plus de 150 plants de vivaces chez moi; je n'ai donc pas le choix de les étiqueter si je veux m'y retrouver, au printemps, quand ça commence à pousser...On peut bien sûr se procurer des étiquettes de plastique, sur lesquelles on identifie les plantes avec un feutre indélébile, dans tous les centres-jardin et même au Dollarama; mais ça finit par coûter cher, à la longue, parce qu'il faut les remplacer lorsqu'elles cassent, ce qui arrive assez souvent.Pour quelques dollars (ou euros), vous pouvez vous procurer un petit store vénitien en PVC. Il suffit de couper les cordes et de tailler les languettes à la longueur désirée. J'ai ainsi obtenu plus 1000 étiquettes pour 6 $ !Voilà! En espérant que ces quelques astuces pourront vous être utiles! 

  • Le sumac vinaigrier, un "pensez-y bien"
    par Isabelle Frappier le 10/09/2020

    Je vous présente aujourd'hui un arbuste que, esthétiquement parlant, j'aime beaucoup: le sumac vinaigrier (Rhus typhina). Son allure exotique est vraiment très séduisante.Cependant, jamais je n'en planterais chez moi! En effet, le sumac vinaigrier est terriblement envahissant; il peut produire des drageons jusqu'à 5 m de distance. Originaire du Canada et des États-Unis, il a été introduit en Europe à la fin des années 1600 et est considéré comme une espèce invasive.Pour les chanceux qui disposent d'un très grand jardin, par contre, ce sumac peut s'avérer une bonne option.Haut de 2 à 6 m, selon les conditions, le sumac vinaigrier ne passe vraiment pas inaperçu. Très rustique, il tolère tous les types de sol et résiste même aux sels de déglaçage, ce qui en fait un bon candidat pour une plantation en bordure de rue.Le feuillage évoque un peu celui des palmiers; il est composé de grandes feuilles comptant plusieurs longues folioles. Il prend à l'automne une coloration d'un rouge vif, pour un effet vraiment "wow".La floraison, estivale, est composée de petites fleurs verdâtres portées en panicules; à vrai dire, on ne les remarque pratiquement pas.Par contre, cet arbuste est apprécié pour sa fructification chez les plants femelles; les fruits, comestibles (on peut les infuser pour obtenir un genre de limonade), sont assez gros, de forme conique et d'un brun rougeâtre.En résumé, si le sumac vinaigrier est magnifique et très facile à cultiver, ce n'est pas un arbuste qu'on achète comme ça, sur un coup de tête; on risque vraiment de s'en mordre les doigts. Personnellement, je préfère l'admirer en nature plutôt que chez moi!

  • Une jolie vivace automnale : la chélone
    par Isabelle Frappier le 07/09/2020

    Et voilà, l'été tire à sa fin... Le temps s'est rafraîchi, les jours raccourcissent et le jardin change peu à peu d'aspect: place aux floraisons d'automne!Je vous parle aujourd'hui d'une vivace que l'on retrouve un peu partout chez moi: la chélone, aussi appelée galane (Chelone oblica).Il s'agit d'un plante qui s'étend facilement : on plante une tige, il en repousse trois l'année suivante. En peu de temps, on obtient une belle grosse talle, sans que ce soit envahissant. J'ai acheté un tout petit plant il y a une dizaine d'années et, en en prélevant quelques tiges de temps à autres, j'ai pu en garnir plusieurs petits coin du jardin.Sa culture est facile, donc; pas de maladies, pas de bestioles et une reprise rapide lorsqu'on la divise.La chélone (prononcer "kélone") mesure de 60 à 80 cm de haut; ses tiges solides résistent très bien au vent et aux fortes pluies. Elles s'ornent de feuilles légèrement dentelées d'un beau vert foncé, ce qui en fait une plante attrayante en tout temps.La floraison survient en septembre; les fleurs, d'une forme peu courante, ressemblent à des têtes de tortues, d'où son nom (chélone signifie tortue en grec). Elles poussent le long d'un petit épi au sommet des tiges. Elles sont habituellement roses mais on trouve maintenant des cultivars à fleurs blanches.La chélone pousse tant au soleil qu'à l'ombre; je la cultive sous ces deux expositions et, à part le fait que les plants à l'ombre fleurissent un tout petit peu plus tardivement, il n'y pas de différence, la floraison est tout aussi abondante.  C'est donc une plante assez passe-partout.Bref, je n'ai que de bons mots pour cette belle automnale, alors n'hésitez surtout pas à en planter!

  • Des fleurs qui sortent vraiment de l'ordinaire!
    par Isabelle Frappier le 03/09/2020

    Le monde végétal est très vaste ; nous avons l'habitude des jolies floraisons de chez nous et de l'opulence exotique des plantes tropicales, que nous pouvons d'ailleurs cultiver en annuelles ou dans nos maisons. Il n'y a qu'à admirer la beauté des orchidées, des cannas, des violettes africaines, etc, pour apprécier la richesse de la flore du monde. Les botanistes ne cessent d'ailleurs de découvrir de nouvelles espèces.Mais certaines plantes, souvent méconnues, produisent des fleurs vraiment inusitées... Il y en a parmi elles qui ne sont particulièrement jolies, d'ailleurs! Mais il est intéressant de découvrir ces surprenantes créations de la nature. Je vous en présente quelques-unes.La rafflésie d'Arnold (Rafflesia arnoldii)Il s'agit de la plus grande fleur véritable au monde: elle peut mesurer jusqu'à 1 m de diamètre et peser une dizaine de kilos. Bon, personnellement, je me dis en la voyant que ce n'est pas une beauté mais c'est une question de goût, n'est-ce pas...C'est une plante parasite qui ne possède pas de feuilles; hors la période de floraison, on ne la voit pas, elle se développe à l'intérieur de son hôte, une liane tropicale. On s'aperçoit de sa présence lors de la formation du bouton floral, qui grossit jusqu'à atteindre la taille d'un ballon de basketball. L'éclosion dudit bouton laisse place à cette énorme fleur charnue ornée de pustules de couleur crème. À noter qu'elle dégage un puissant parfum de charogne... on connaît plus agréable, comme effluve! La floraison ne dure que quelques jours.La rafflésie d'Arnold pousse dans les forêts humides d'Indonésie, de Bornéo et de Thaïlande. La plante à bisous (Psychotria elata)Nettement moins laide que la précédente! On lui donne une foule de surnoms comme "bouche chaude", "lèvres de prostituée" ou "Mick Jagger"...Cette fleur pousse sur un arbuste tropical qu'on retrouve en Amérique centrale et du sud (Mexique, Panama, Colombie, entre autres).Les "lèvres" rouges sont en fait des bractées vivement colorées ayant pour fonction d'attirer les pollinisateurs; elles cachent de minuscules fleurs blanches qui se transforment ensuite en petites baies noires.L'orchidée colombe (Habaneria radiata)Celle-là, elle est vraiment belle! Des petits oiseaux qui fleurissent... Originaire d'Asie, c'est une orchidée bulbeuse qu'on peut cultiver en pot, à l'intérieur; elle passe l'hiver en dormance et fleurit au cours de l'été. Les fleurs apparaissent sur des hampes florales d'une cinquantaine de cm.Elle devient malheureusement plus rare en nature parce qu'elle est cueillie pour la vente.Le petit prêcheur (Arisaema triphyllum)On n'a pas besoin d'aller très loin pour voir le petit prêcheur, il s'agit d'un espèce originaire du Québec et des États-Unis. On le trouve dans les forêts, les tourbières et sur le bord des cours d'eau.La "fleur" est en fait constituée d'une feuille modifiée, rayée de rouge brunâtre, au creux de laquelle se cachent les vraies fleurs, minuscules. Elles donneront naissance à un épi de petits fruits verts qui rougiront avec le temps. À noter qu'il s'agit d'une plante toxique.J'avoue personnellement que c'est une plante qui ne me tente pas vraiment, même si j'ai un gros faible pour les espèces indigènes du Québec....L'orchidée face de singe (Dracula simia)Je trouve celle-ci très mignonne; on dirait vraiment un petit visage de ouistiti! On la retrouve principalement en Amérique du Sud, où elle pousse en altitude, puisqu'elle préfère un climat froid. Elle fleurit toute l'année.Il est possible de se procurer des semences de cette espèce sur le web mais il paraît qu'elle est très difficile à cultiver; elle est donc à réserver aux orchidophiles aguerris.L'arum titan (Amorphophallus titanum)Souvent présentée à tort comme la plus grande fleur au monde (elle peut mesurer plus de 3 m!), il s'agit plutôt d'une inflorescence composée de fleurs véritables, beaucoup plus petites, enroulées dans un grand pétale.La floraison est courte, elle dure 3 jours. Pendant cette période, histoire d'attirer les pollinisateurs, la fleur exhale une merveilleuse odeur... de cadavre en décomposition. Et ce parfum atroce est perceptible dans un rayon de 800 m.Heureusement pour nos narines, cet Arum ne pousse que dans les forêts humides de Sumatra.La fleur extraterrestre rieur (Calceolaria uniflora)Ces petits bonhommes rigolos sont effectivement des fleurs, celles d'une petite plante d'environ 20 cm de haut, qui pousse dans toute la Patagonie et le long de la cordillère des Andes. Cette floraison des plus inusitées survient au printemps; au cours de l'été, les extraterrestres cèdent la place aux fruits en forme de capsules. Comme on peut le constater, les fleurs ne se ressemblent vraiment pas toutes! Que pensez-vous de celles-ci?

  • Incomparables ligulaires
    par Isabelle Frappier le 31/08/2020

    Ma passion pour les vivaces ne se dément pas et quand je pense à toutes celles dont j'ai envie de vous parler, la liste ne cesse de s'allonger!Et si, aujourd'hui, on jetait un coup d'oeil sur les ligulaires?Il en existe plusieurs espèces mais je vous dresse le portrait de mes deux préférées.Ligulaire à épis (Ligularia stenocephala)Il s'agit d'une grande vivace (autour de 1,5 m) arborant des feuilles triangulaires légèrement dentées. Ce feuillage demeure d'ailleurs attrayant après la floraison si on prend soin de tailler les épis fanés.Les fleurs, quant à elles, sont plutôt petites et poussent en longs épis le long d'une tige noire; elles sont d'un beau jaune doré et attirent les papillons. Cette floraison éclatante a lieu en été, en juillet et août. On classe cette ligulaire tantôt dans les plantes d'ombre, tantôt dans les plantes de plein soleil... Difficile, donc, de s'y retrouver! Je vous suggère plutôt de la planter à la mi-ombre, comme je l'ai fait; c'est un bon compromis et j'obtiens d'excellents résultats.Le cultivar le plus connu est sans contredit 'The Rocket'; si vous souhaitez un plant plus compact, vous pouvez vous tourner vers la variété 'Little Rocket', qui, elle, mesure 90-100 cm.Ligulaire d'or ou dentée (Ligularia dentata)Cette espèce produit également des plants assez hauts (70-120 cm) et larges d'environ 1 m. Les grosses feuilles sont plus rondes et ont la particularité d'être vertes sur le dessus et pourpres dessous, ce qui donne un très bel effet à ce feuillage, même hors floraison.La ligulaire d'or produit des fleurs passablement plus grandes que sa cousine à épis; d'un jaune plus soutenu, tirant parfois sur l'orangé, elles ont un aspect rappelant vaguement la rudbeckie. Elles aussi attirent les papillons et leur éclosion survient également en été, plutôt en août.On recommande souvent de planter cette ligulaire au soleil ou à la mi-ombre, mais je vous déconseille fortement les emplacements ensoleillés; le feuillage a tendance à brûler ou, dans le meilleur des cas, devient tout mou, ce qui ne met certainement pas sa beauté en valeur! La mi-ombre et l'ombre légère lui conviennent davantage. J'ai d'ailleurs dû déplacer la mienne qui ne supportait vraiment pas les rayons trop ardents de l'astre solaire, alors je sais de quoi je parle...Ces deux ligulaires sont des plantes faciles à cultiver qui requièrent peu de soins une fois bien implantées au jardin. Elles ne sont pas très sensibles aux maladies et les insectes nuisibles les visitent très rarement.Si vous avez l'espace nécessaire pour des plantes qui ne sont pas vraiment "petit format" et que vous aimez les floraisons qui ne passent pas inaperçues, alors les ligulaires sont toutes indiquées pour vous! 

  • Diviser pour multiplier?!
    par Isabelle Frappier le 27/08/2020

    Rassurez-vous, je ne vais pas faire de maths ici! D'autant plus que je considère cette matière pour laquelle je n'ai aucun talent comme étant particulièrement rébarbative...Je parle plutôt d'une pratique horticole qui permet de multiplier les plantes vivaces. Pas compliquée du tout, elle est bien utile, surtout lorsqu'il s'agit de cultivars, donc d'hybrides, puisque le patrimoine génétique est entièrement conservé, ce qui n'est pas toujours le cas avec les semences. De plus, certaines vivaces de courte vie nécessitent d'être divisées si on souhaite les garder longtemps.Pas n'importe quand!La division occasionne un certain stress à la plante, il est donc préférable de faire en sorte de ne pas en rajouter! On évite de pratiquer cette opération lorsque le temps est très ensoleillé ou, pire encore, lorsqu'il fait très chaud. On choisit plutôt une journée nuageuse, plutôt fraîche, et si de la pluie est prévue pour la nuit suivante ou le lendemain, c'est encore mieux!De même, ce n'est pas une bonne idée de diviser juste avant la floraison ou pendant celle-ci; cette période demande beaucoup d'énergie à la plante et elle aura plus de mal à supporter le stress. Personnellement, j'effectue mes divisions au printemps, alors que les tiges sont encore petites, et à l'automne, après avoir taillé toutes les fleurs fanées et les tiges rabougries. La marche à suivreLa technique est facile, il suffit de suivre ces quelques étapes.1. Arroser les plantes que l'on souhaite diviser quelques heures avant; cela permet de réduire le stress hydrique.2. Armé d'une bonne pelle, creuser autour du plant jusqu'à ce qu'on puisse le déterrer complètement et le retirer du sol. Attention à ne pas abîmer les racines! 3. Selon la grosseur de la plante, séparer celle-ci en deux ou trois morceaux, à l'aide de la pelle ou d'un bon couteau; tailler dans la motte de racines en s'assurant que chaque morceau en ait sa part. Pour certaines plantes à la souche particulièrement coriace, il faut parfois utiliser une scie.4. Replanter les plants divisés sans tarder et arroser généreusement. On peut déposer une poignée de compost au fond du trou de plantation pour améliorer la structure du sol.5. Arroser régulièrement pendant une semaine ou deux pour assurer une bonne reprise de l'enracinement.Et voilà, ce n'est pas plus compliqué que ça!Pas pour toutes les plantes!Certaines vivaces ne supportent pas bien la division; c'est le cas des ancolies, dont les racines sont fragiles (la reprise ne se fait pas bien), ou encore des pivoines (elles peuvent mettre jusqu'à 10 ans avant de refleurir!). Informez-vous avant de procéder.La "division express"Je suis une grande adepte de cette technique moins éreintante; c'est d'ailleurs de cette façon que j'effectue des "prélèvements" chez mes parents et amis... À l'aide d'une petite pelle à main (ou même d'un cuillère!), on repère une ou deux tiges plus jeunes, au pied de la plante, et on creuse autour. On les sépare du plant en prenant soin de conserver un peu de racines et c'est fait! Il n'y a plus qu'à planter. Cette méthode a l'avantage de ne pas causer de stress au plant-mère; quant au "bébé", il s'enracinera rapidement si on prend soin de l'arroser fréquemment pendant quelques jours.La division constitue donc une méthode facile pour multiplier vos vivaces préférées (ou pour partager avec d'autres amateurs de jardinage) et permet d'en prolonger la vie. Ainsi, vous n'avez pas à acheter plusieurs plants ou à en racheter pour en obtenir davantage; c'est économique! Sur ce, bon jardinage!