L’imaginarium de Myrtille Taff

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Blog artisanal et multifonctions. Créations diverses : textes, vidéos, photos.

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  • Histoires d'hommes de Xavier Durringer : lecture
    par Bilichou le 26/09/2020

        Lecture d'un extrait de l'ouvrage : "Histoires d'hommes" de Xavier Durringer, éditions théâtrales, 2003. Beau texte sur le temps, le temps à occuper, à habiter quand on est seule ou bien confinée... Dans le cadre de leurs "Lectures théâtrales confinées" (pendant la période de confinement), les éditions théâtrales ont posté ma lecture sur leurs comptes Instagram et faceboook. J'ai obtenu leur autorisation de poster cette vidéo (via instagram).  *** Lire aussi mes chroniques théâtrales : l'oeuvre d'une vie ❤ = ICIN'hésitez pas à vous abonner : ICI

  • Impressions d'Angers
    par Bilichou le 07/09/2020

      (Ma 3ème chronique théâtrale !!! : ICI  :-)     J’ai eu envie d’aller à Angers pour découvrir le travail de Thomas Jolly en chair et en os. Sa vision du théâtre, un art exigeant accessible à tous me plait beaucoup. J’ai eu le temps pendant le confinement d’écouter ou de voir plusieurs de ses interviews. Et puis j’ai vu en replay à la télé, la 1ère partie de Henri VI de Shakespeare : une vraie découverte ! Et la vidéo de Ronan sur le CDN, le Quai d’Angers m’a totalement convaincue de faire le voyage et je n’ai pas été déçue…. Ce week end à Angers a pris des airs de vacances : déambuler dans les rue piétonnes, boire des coups et manger sur les bords de la Maine.    Apéro sur les bords de la Maine  La cour du CDN, Le Quai d'Angers   La nuit de Madame Lucienne de Copi (au CDN, le Quai d'Angers jusqu’au 12 septembre 2020) ! quoi ! Quelle surprise ! Copi c’est l’outrance et l’extravagance flamboyantes ! oui !  mais j'ai été émerveillée par la magie de la scénographie, de la mise en scène et du jeu ! Je me suis sentie comme une gamine, placée au 1ER rang, embarquée dans une sorte de train fantôme circulant dans un planétarium ! (J’avais parcouru le programme avant de voir le spectacle et j’avais complètement zappé, la partie sur le dispositif scénique !). Cela a été une surprise d’autant plus extraordinaire ! j’ai été totalement embarquée par cette histoire à rebondissements loufoques, à effets vache qui rit !et puis le jeu flamboyant d’Emeline Frémont, Bruno Bayeux !!! et les autres aussi bien sûr, Damien Avice, Charline Porrone, Hélène Raimbault ! Voilà mes impressions de spectatrice admirative placée au centre d’une répétition de comédiens.    Le décor du spectacle : La nuit de Madame Lucienne de Copi, mise en scène de Thomas Jolly, CDN, Le Quai d'Angers   Il s’agit d’un spectacle qui questionne le théâtre et ses artifices, des objets insolites occupent le plateau (dont un R2D2 et un toboggan). Thomas Jolly et son équipe ont utilisé des éléments de décor déjà existants au Quai puisqu’ils ont monté ce spectacle dans une certaine urgence après le confinement. L’acte de création s’accomplit sous nous yeux. Il s’agit aussi d’une « mise en abyme infinie » selon les termes du metteur en scène, de théâtre dans le théâtre, de  méta-théâtralité (oui toute de suite les grands mots !). Thomas Jolly et son équipe ont apparemment monté la pièce rapidement pour proposer une saison estivale et théâtrale au public.  Hé bien quel spectacle abouti, inventif, extraordinaire, aux mille trouvailles ! Je sais pourquoi j’ai renoué avec le théâtre ! Pour vivre ces instants fabuleux ! Vive  l’extravagance et l’énergie créatrices !    Ma 3ème chronique théâtrale : ICI  N'hésitez pas à vous abonner : LA

  • Chronique théâtrale # 3
    par Bilichou le 25/08/2020

      L'EVEIL DU PRINTEMPS   Les saisons, études décoratives : estampe d'Elisabeth Sonrel, 1901   Je poursuis mon feuilleton flamboyant et tumultueux, rien que ça. Je vous embarque dans mes péripéties tragi-comiques faites de grâce et de disgrâce. Après l’enfance de l’art et ses premières découvertes, voici le temps béni et tout particulier de l’adolescence : les sens et le cerveau en ébullition ? Dans la pièce, « l’éveil du printemps » écrite en 1891, Frederick Wedekind traite de l’adolescence et de « ses élans, ses courses folles, son intranquille et lyrique découverte de la sensation d’être au monde »*. L’auteur évoque la « découverte sauvage de l’amour, l’envie frénétique de grandir et le vertige de la mort. »*. Serait-ce un portrait de moi à cette époque dans toute ma splendeur ? Je n’irai pas jusque-là. Dans tous les cas, je vivais ma vie comme une tragédie grecque, en mode grandeur et misère de l’adolescente qui se frotte au théâtre. Ma vie était une vraie « Illusion comique » et comme dans la pièce tragi-comique (1635) de Corneille, je confondais fiction et réalité. J’étais une adolescente fantasque. Je vivais dans un monde anachronique : j’aimais les vieilles chansons et les vieux films en noir et blanc des années 1950. Le théâtre allait être un terrain de jeu et d’évasion fabuleux.     [Projet de rideau de scène / Napoléon Sacchetti, 18...]   Depuis l'âge de treize ans, je végétais dans un obscur cours de théâtre de la mairie de Paris. J’y allais le mercredi après-midi et cette fois-ci les élèves, toutes des filles, avaient le même âge que moi . Il était bien moins drôle et exaltant que le précédent. J’y avais travaillé quelques textes : une fable de La Fontaine, « Le héron,  « Un mot pour un autre » de La Comédie du langage de Jean Tardieu et Arnolphe le vieux barbon de « L’Ecole des femmes » de Molière... Un beau jour, j’ai appris (je ne sais plus comment) que Mme K. mon ancien professeur de français de 6ème  animait un atelier de théâtre et qu'elle recherchait des élèves pour monter la pièce, « Le jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux (1688-1763). Jouer une pièce dans son intégralité, était vaiment tentant. Je découvrais le théâtre du 18ème siècle grâce à cette pièce. Je me suis prise de passion pour l'oeuvre de Marivaux, c’était une révélation. J’aimais son style subtil et enlevé, souvent drôle. Son analyse des sentiments, mis à l’honneur dans toutes ses pièces, était si fine et si juste. J’aimais l’indépendance, la vivacité d’esprit et la détermination de ses personnages féminins. Son théâtre est aussi une réflexion sur la place des maîtres et des domestiques dans la société. On retrouvait tous ces thèmes dans cette pièce. J’ai décidé ensuite de consacrer mon mémoire de maîtrise au théâtre de Marivaux.     Une incroyable aventure théâtrale, à la fois merveilleuse, difficile et parfois douloureuse commençait : l’apprentissage de soi, des autres et de l'art dramatique. Je retrouvais mon professeur de français avec plaisir, lors d’une réunion de présentation de la pièce. Mes futurs partenaires étaient des grands âgés seize ans et en classe de première tandis que moi je n'étais qu'en troisième et je n’avais que quatorze ans. Je devais jouer Lisette, la servante de Silvia, la jeune première de la pièce. Mme K. nous avait annoncé qu’elle connaissait une élève parfaite pour interpréter ce personnage. Silvia, l’héroïne de la pièce a peur du mariage. Elle invente un stratagème pour connaître son futur époux. La servante et la maîtresse échangent leur robe et leur condition afin que Silvia apprenne à connaître son prétendant. Je me demandais qui pouvait bien être cette jeune fille idéale. La fois suivante, celle que j'appellerai, "la jolie Julie" (même si elle n'était pas vraiment belle) faisait son entrée théâtrale. Elle dégageait une grande assurance. Les garçons qui devaient participer au spectacle, l’avaient suivi visiblement pour jouer avec elle. Ils tournoyaient autour d’elle et faisaient tout pour lui plaire. Elle régnait en reine souveraine sur sa cour d’admirateurs. Je dois reconnaître que j’étais grandement impressionnée et je me demandais si j’allais être à la hauteur. Pour couronner le tout, le surveillant qu’on avait tant chahuté avec ma classe en permanence, faisait partie de l’aventure. Il allait interpréter Orgon, le père de Silvia et le maître de Lisette. Tout le monde l’appelait Mozart parce qu’il ressemblait à l’acteur du film « Amadeus » de Milos Forman qui faisait fureur à l’époque. Il me regardait d’un air hautain et supérieur. Lorsque nous avons joué le spectacle en fin d’année, je vous laisse deviner la réaction des élèves quand il est entré sur scène en costume du 18ème siècle avec une perruque blanche.     Mes partenaires étaient distants avec moi, trop occupés à batifoler et à ricaner entre eux. Les premières répétitions n’ont pas été des plus faciles. J’étais inhibée et je manquais totalement de confiance en moi. Les autres m’intimidaient. Je découvrais Mme K. sous un nouveau jour. Elle se montrait exigeante avec moi. Nous avions commencé les répétitions en début d’année scolaire. Nous nous retrouvions à la pause déjeuner dans des salles de classe, les estrades tenaient lieu de scène. Je me sentais sans cesse bousculée par Mme K. Elle m’interrompait sans arrêt. Elle trouvait que je parlais trop vite et que j’étais trop tendue. Je devais interpréter une servante légère et enthousiaste. Je devais virevolter sur scène alors que je restais plantée comme un piquet au milieu de l’estrade, l’air soucieux. J’avais l’impression d'être un robot pesant une tonne.      Mme K. se montrait souvent moqueuse avec moi. Elle me disait, « Pense à un gros gâteau au chocolat, quand tu parles des mérites du futur mari de ta maîtresse". [réplique de Lisette : On dit que votre futur est un des plus honnêtes du monde, qu’il est bien fait, aimable, de bonne mine, qu’on ne peut avoir plus d’esprit, qu’on ne saurait être d’un meilleur caractère ; Que voulez-vous de plus… » acte I, scène 1]Pourquoi me parlait-elle de pâtisserie ? Elle trouvait qu’avec le gros pull que je portais lors d’une répétition, je ressemblais à un bonhomme de neige. Je rêvais ou elle me traitait de grosse ? J’ai toujours été complexée par mon physique. Je me trouvais énorme et laide avec mon visage d’adolescente bourgeonnant : l'âge ingrat dans toute sa splendeur. Comment jouer la légèreté quand on a l’impression d’être une bonbonne ! Les dieux grecs se vengeaient et mettaient à exécution leur sombre dessein. Je n’avais plus qu’à fuir dans un désert où j’aurais fait vœu de vivre et où j’aurais la liberté de porter de gros pulls ! Pour reprendre approximativement les termes d’Alceste dans « Le Misanthrope » de Molière. Avec un pouvoir de séduction quasiment nul, je n’avais pratiquement que des scènes de marivaudage avec mon partenaire qui jouait Arlequin. Il était déguisé en maître et Lisette en maîtresse. Nous devions jouer aux aristoctates, tout en nous séduisant mutuellement. J’étais tétanisée. Mais que diable allais-je donc faire dans cette galère, je vous le demande ! Mon partenaire, un grand dadais dégingandé, affichait une belle aisance insouciante. Il jouait le jeu parfait de la séduction avec beaucoup de drôlerie. Je me montrais toute guindée alors que nos scènes étaient pourtant loin d’être torrides. Il n’était question que de se donner la main. C’était pour moi le bout de monde ![Arlequin : En attendant qu’il [l’amour] soit pourvu, donnez-moi seulement votre belle main blanche, pour l’amuser un peu. Lisette : Tenez donc petit importun puisqu’on ne saurait avoir la paix qu’en vous amusant » Acte II, scène 3]   [Atelier Nadar, 1892]   Je semblais aux affres de l’agonie comme se plaisait à le dire Mme K. alors que je devais être tout sourire. Mon éveil du printemps peinait à éclore. La chenille avait bien du mal à devenir papillon. Pourtant, au fil des répétitions, je m’accrochais vaille que vaille, j’aimais profondément cette pièce. J’avais acquis de plus en plus d’aisance. Nous commencions à nouer des liens avec mes partenaires. Mme K. n’était pas qu’une tortionnaire. Elle nous avait réservé de belles surprises au cours de cette année. Elle nous avait emmené visiter le théâtre Renaud-Barrault (l’actuel théâtre du Rond-Point), sa grande scène et ses coulisses, l’envers du décor, en somme. Comment ne pas être saisie par le démon des planches ! Mme K. qui avait elle aussi pratiqué l’art dramatique, lorsqu’elle était lycéenne, nous a présenté son ancien professeur de théâtre, Mme F. Elle devait l’aider dans la préparation du spectacle. Je fis alors la rencontre de l’extraordinaire Mme F, petite dame toujours vêtue d’une chemise blanche ample, flottant sur un pantalon noir. Elle avait une voix caverneuse de fumeuse. Elle enchaînait d’ailleurs cigarettes sur cigarettes. Elle portait des lunettes avec de gros verres et d’épaisse montures. Elle avait les cheveux teints en jaune vif. Elle m’impressionnait. Elle avait une autorité naturelle et le verbe haut. Il ne fallait pas lui en conter. Chaleureuse malgré tout, elle avait toujours de nombreuses anecdotes théâtrales à nous conter. Nous l’écoutions religieusement. Elle imitait souvent Lino Ventura pour nous expliquer la rupture de ton dans le jeu. Elle avait dirigé une compagnie de théâtre amateur, créée dans les années 50 ! Mme K. avait joué dans cette troupe. Mme F. animait un cours de théâtre que j’allais intégrer un an plus tard. Elle nous aida à peaufiner notre jeu lors des dernières répétitions. A ses yeux, nous avions tout à apprendre mais heureusement, elle était là pour nous livrer les ficelles du métier. Elle m’avait fait des remarques élogieuses sur mon jeu. Ces premiers compliments venant d’une grande baroudeuse du théâtre, m’avaient fait le plus grand plaisir. Mes efforts portaient enfin ses fruits. Mme F. ne s’était pas contentée de nous donner des conseils de jeu, elle s’était aussi chargée de nous fournir les costumes et le décor pour le spectacle. Grâce à elle, nous plongions dans l’ambiance d’une pièce du 18ème siècle. Elle avait apporté de magnifiques costumes, notamment deux belles robes : une robe de soubrette et une grande robe à panier.      Jouant la soubrette déguisée en maîtresse pendant presque toute la pièce, j’étais toute excitée de porter cette robe de princesse. Pendant le spectacle, nous devions échanger nos robes et notre sueur avec ma partenaire avec qui j’avais des rapports plutôt distants. Elle me considérait comme une menace potentielle. Elle craignait que je la détrône dans son rôle de reine régnant sur ses prétendants avec lesquels j’étais devenus complices. La rivalité des rôles se jouait aussi dans la vie. Avec l’essayage des costumes, mes complexes sont réapparus. Les robes étaient trop décolletées à mon goût. Je trouvais qu’elles me boudinaient. Mon partenaire taquin qui lui flottait dans son habit de gentihomme et qui me détaillait dans mon costume de soubrette, m'avait lancé, « Tu es très désirable dans cette robe ! ». Je me suis sentie aussitôt piquer un fard. L’année scolaire avançait peu à peu et les répétitions aussi. Nous devions jouer dans le foyer du lycée, lieu dédié d’ordinaire à toutes sortes d'activités périscolaires : projections de films comme « L’Empire contre-attaque » ou « Les Blues brothers », préparations de manifs contre la loi Devaquet, fumer des cigarettes en écoutant de la musique à fond. La fin de l’année scolaire arriva plus tôt que nous ne l’imaginions. Nous étions à quelques jours des représentations. C’était l’effervescence. La tension durant les dernières répétitions, était à son comble. Nous ne savions pas bien ce que tout cela allait donner. Nous faisions des filages de la pièce pour apprendre à jouer et à nous déplacer dans nos costumes imposants. Le décor avait été également installé. Nous étions de plus en plus plongés dans les conditions réelles du spectacle. Je vivais réellement des moments intenses jamais éprouvés jusque-là.     Nous étions plus soudés que jamais, embarqués dans la même galère. Même Mozart, le surveillant, n’était plus distant avec moi. La fameuse première était arrivée. Nous devions jouer devant les élèves et les professeurs du lycée. Moi, la fille timide et réservée, j’allais me produire devant tous ces gens. Un trac épouvantable, tout comme une grosse envie de vomir m’avaient envahie. J’étais si nerveuse les jours précédents que j’en avais perdu l’appétit. Je me demandais quelle folie avait bien pu me prendre de vouloir jouer devant mes congénères ! Les boyaux mis à rude épreuve, je voulais m’enfuir à toutes jambes et disparaître sous terre. La jolie Julie avait d’ailleurs lâché, « J’ai envie de chier ! ». Je crois que nous en avions tous envie ! Nous étions pomponnés et costumés attendant notre entrée en scène derrière le rideau qui séparait le plateau des coulisses. Nous entendions les gens arriver et les élèves ricaner. Je ressentais une peur épouvantable ! Voilà, ces idiots vont tous se moquer de moi pendant quand je suerai sur scène ! Mme F. et Mme K. sont venues nous signaler qu’il fallait commencer. La jolie Julie et moi devions ouvrir les hostilités. Toute rivalité avait disparu entre nous, nous nous sommes regardées et nous sommes dit « Merde ! » l’une à l’autre. Les trois coups ont retenti. Comme deux nageuses est-allemandes plongeant dans le grand bain, la jolie Julie s’est élancée sur scène puis je l’ai suivie quelques secondes après.   Extrait de la scène 1 de l'acte I du "Jeu de l'amour et du hasard" de Marivaux.Représentée pour la 1ère fois par les Comédiens italiens ordinaires du roi, le 23 janvier 1730.(chez Briasson, Libraire, date ?)   J’avais le cœur qui battait si fort. Après le cap des premières répliques, un miracle s’est produit. Le plaisir vertigineux d’être sur une scène sous les feux des projecteurs, m’avait envahie. Le public était une curieuse masse sombre qui nous observait. Les rires provoqués par mes répliques me transportaient. En sortant de mes deux premières scènes, j’étais euphorique. Nos partenaires nous ont félicité pour notre prestation et nous les encouragions pour leur scène à venir. Toutefois, il ne fallait pas se relâcher, j’avais d’autres scènes à jouer. Avec ma partenaire nous devions échanger rapidement nos robes. J’apprenais aussi la concentration qu’il fallait maintenir pendant tout un spectacle. Les scènes avec mon partenaire qui me mettaient si mal à l’aise, à présent m’amusaient beaucoup. Elles provoquaient le rire des spectateurs. A la fin de la représentation, notre public nous a applaudi chaleureusement. Les enseignants comme les élèves étaient venus nous complimenter. On me disait que j’avais du talent. Une professeure m’avait même demandé si je voulais en faire mon métier. C’est à ce moment-là qu’avait germé véritablement l’envie d’être comédienne. Cette première expérience avait été une véritable révélation de soi devant les autres. Les représentations suivantes s’étaient enchaînées avec bonheur. La toute dernière a eu lieu un doux soir d’été de juin. Je ressentais un léger pincement au cœur, la belle aventure touchait à sa fin. Ce soir-là, la représentation devait être filmée. J’en ai d’ailleurs gardé un souvenir sous la forme d’une cassette VHS. Le public s’était à nouveau montré généreux et nous avait inondé d’applaudissements. Dans l’euphorie générale, nous avions tous décidé de monter une nouvelle pièce l’année prochaine, oubliant les difficultés rencontrées et le temps que prenait la préparation d’un spectacle.   Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux, scène 2, acte 1, Comédie-Française 1976.   Nous étions tout à notre joie. Nous allions devenir comédiens professionnels. Nous étions allés fêter la fin du spectacle chez l’un des garçons de notre joyeuse troupe. Cette fois-ci c’est moi qui avais ma cour comme me l’avait fait remarquer, la jolie Julie d'un ton envieux. Mes partenaires se pressaient autour de moi pour me complimenter. Je n’avais pas vraiment réalisé qu’il ne s’agissait que d’un jeu. J’étais jeune…Mon carrosse se transforma en citrouille. Je perdis sûrement une pantoufle de vair dans la bataille. Je devais rentrer. Ma mère était venue me chercher. « C ’est une aventure dont le seul récit est attendrissant » Silvia (acte III, scène IV)« Le souvenir de tout ceci me fera bien rire un jour » Silvia  (acte II, scène IXLe jeu de l'amour et du hasard de Marivaux     Les vacances d'été terminées, je suis entrée en seconde, une année charnière voire décisive, comme chacun sait. C’était un cap, « que dis-je une péninsule », aurait dit Cyrano de Bergerac dans la pièce d'Edmond Rostand. Je devenais lycéenne. Cette année allait être aussi placée sous le signe du théâtre. En septembre, j’ai vite déchanté. J’ai retrouvé mes partenaires pour faire une lecture de notre nouveau spectacle. Ils m’ignoraient totalement et m’avaient jeté aux oubliettes. Ils ne me considéraient vraiment pas comme l’un des leurs. Mme K. nous a alors annoncé que nous allions jouer, « Il est important d’être aimé » (the important of being Earnest) d’Oscar Wilde (1854-1900). Cette fois-ci l’action de la pièce avait lieu dans l’Angleterre victorienne du 19ème siècle. Il s’agissait d’une comédie plaisante où se mêlaient quiproquos et bons mots. Je devais jouer, Cecily une jeune fille exaltée dont le fiancé était l’ami de son tuteur.   [Mary Anderson, anglaise. Atelier Nadar : 1875-1895]    Aucun des garçons du groupe ne voulait jouer mon amoureux. Mme K. avait dû trancher. Elle avait donné le rôle au surveillant... Je me retrouvais donc la promise de « Mozart ». La jolie Julie lassée de jouer les jeunes première, allait interpréter Lady Bracknell une vielle aristocrate, tante du fiancé de Cecily. Arlequin, mon ancien amoureux de théâtre, devait jouer cette fois-ci un pasteur. Après avoir essuyé cette cinglante humiliation, ma motivation n’était pas à son comble. Les premières répétitions ont été laborieuses, perturbées par ces énergumènes qui ne faisaient que chahuter entre eux. Ulcérée par leur comportement, j’ai décidé d’arrêter un bonne fois pour toutes et de tourner les talons à tout jamais. Mme K. avait dû me remplacer. Quelque temps après, elle était venue me supplier pour que je reprenne le rôle, ma remplaçante était trop mauvaise. Il était loin le temps où elle me traitait de bonhomme de neige empoté. Flattée, je suis donc revenue. Mme F. fit son grand retour. Elle avait amené dans sa besace un projet de pièce, « Les deux pierrot ou Le souper blanc » (1881), une courte pièce, « Un lever de rideau » d’Edmond Rostand (1868-1918), le père de « Cyrano de Bergerac ». Mme F. allait se charger des répétitions. Je réalise avec les années qu’elle s’était énormément investie dans cet atelier théâtre. Décidément, j’étais très sollicitée ! J’étais aux anges ! Mme F. m’avait confié le rôle de Colombine qui avait deux amoureux, l’un triste et l’autre gai. Comme le dit Colombine dans sa 1ere tirade : « Car j'ai deux amoureux, tous deux blancs, s'il vous plaît Se ressemblant ainsi que deux gouttes de lait. Leurs habits sont rivaux, leurs fraises sont émules, Pareils leurs gros boutons faits en pompons de mules ; Leurs souliers sont taillés aux mêmes blanches peaux, Et, larges ou pointus tour à tour, leurs chapeaux, Enrubannés comme il convient dans les églogues, Sont tantôt de meuniers et tantôt d'astrologue. Frères physiques donc, - mais pas frères moraux : Rien de plus différent, au fond, que ces Pierrots. L'un a le coeur pourpré comme sa bouche en fête, L'autre est triste, toujours, comme son serre tête ; » Mme K. me trouva deux partenaires qui correspondaient en tous points aux personnages, deux élèves de mon lycée que je ne connaissais pas. Ces deux-là n’allaient pas forcer leur nature. L’un était timide, tourmenté et chétif tandis que l’autre était extraverti, volubile et trapu. Je les trouvais agaçants tous les deux. Cela se ressentait dans les répétitions. Mme F. m’avait dit une fois, « Le Pierrot joyeux t’offre toute sa chaleur et sa générosité et toi tu te montres froide et dédaigneuse». Bref, comme dans tout bon roman d’initiation, je réalisais que rien n’était jamais acquis. Je devais apprendre à connaître mes nouveaux camarades. Le texte d’Edmond Rostand était en vers mais il était plat et lourd. Nous étions loin de la finesse du style de Marivaux. L’oeuvre n’était pas inoubliable, mais Colombine était un personnage lumineux et joyeux. Je devais encore et toujours jouer les amoureuses. J’étais mal à l’aise et guindée. Les scènes de séductions m’embarrassaient à nouveau. J’étais toujours complexée par mon physique, même si je m’étais amincie. Une réplique de l’Arlequin triste à propos de Colombine me gênait tout particulièrement : « Elle est d’un modèle si fin que de ce triste amour, je ne vois pas la fin ». Je me trouvais tout sauf d’un modèle fin. Je craignais que le public se mette à rire en entendant cette réplique. Le culte de la minceur sévissait plus que jamais dans les années 1980. Au fil des répétitions je me suis détendue sans vraiment m'en rendre compte. Il me fallait toujours un temps d’adaptation... J’ai peu à peu lié connaissance avec mes partenaires. L’Arlequin gai s’était révélé doué pour le théâtre et avait même créé sa propre compagnie après le lycée. L’Arlequin triste peinait davantage et butait sans cesse sur ses répliques. De mon côté, j’ai trouvé peu à peu la Colombine qui était en moi. Mme F. nous apprenait les rudiments du jeu, les déplacements, à placer sa voix et à prononcer distinctement son texte. Mme F. était à la fois exigeante et encourageante. Elle trouvait que j’avais des dispositions pour le jeu quand je voulais bien m’en donner la peine. La fin de l’année scolaire approchait ainsi que les représentations. Mme F. s’était chargée à nouveau des décors et des costumes. Elle m’avait cousu une jolie jupe en tulle blanc sur mesure. Je devais aussi porter un bustier noir et un tricorne blanc. Quand j’ai dû essayer mon costume, la vie est redevenue une tragédie grecque. Je me sentais toute nue. Court vêtue, je pensais que le public allait se rincer l’œil tout en me trouvant énorme. Mme F. avait prévu deux beaux costumes de Pierrot pour mes partenaires ainsi qu'un décor tout blanc.   [Carnaval : [Vera Nemchinova (Colombine) et Nicolas Zverev (Arlequin)] / [photographie de Choumoff]]   Parallèlement, je répétais la pièce d’Oscar Wilde. Mon rôle de jeune fille de bonne famille fantasque me donnait moins de fil à retordre. Mme F. qui était venue également en renfort, devait sans cesse rappeler à l’ordre mes partenaires vraiment peu motivés par ce spectacle. Infatigable, elle avait aussi fourni costumes et décors. Le spectacle était donc composé de deux pièces : la pièce d’Edmond Rostand en lever de rideau puis la pièce d’Oscar Wilde. La première arriva à nouveau sans prévenir. Je devais jouer devant toute ma classe. La tension était à son comble. La fin du monde était proche. J’ai réalisé un peu tardivement que je jouais dans deux pièces… J’entendais les élèves ricaner dans la salle. J’étais liquéfiée. Je devais entrer en scène en premier et dire une tirade. Mon cœur battait à tout rompre. J’avais vraiment le don pour me mettre dans des situations impossibles. Au moment d’entrer sur scène d’un pas décidé, j’ai été touchée soudainement par la grâce. Je me suis dit, « Je les aurai ! ». Je me souviens de toute la fougue et de l’enthousiasme que j’y ai mis. C’était fou. Les lions étaient lâchés. Dans le public, on entendait les mouches voler. Nous avions créé une belle complicité avec mes partenaires. Nous avions joué ensemble avec plaisir tout le long de la pièce. Le public nous a applaudi chaleureusement. J’avais accompli mon acte de bravoure.   Colombine, 1ère scène de la pièce, "Les deux Pierrot ou Le Souper blanc" d'Edmond Rostand   Cependant, il ne fallait pas que je me relâche. Je devais enchaîner avec la pièce d’Oscar Wilde. La suite du spectacle s’était bien déroulée si ce n’est qu’une personne du public avait lancé « C’est qui cette grosse ? » lorsque j’étais en scène, habillée en jeune fille anglaise. Certes, je portais une robe fleurie et bouffante.    Miss Warray [i.e. Varray]. Anglaise : [photographie, tirage de démonstration] / [Atelier Nadar, 1875-1895]   Le public avait aussi applaudi à tout rompre à la fin de la deuxième pièce. Les élèves de ma classe étaient venus me féliciter. Ils disaient que j’étais le clou du spectacle. Tout le monde me trouvait jolie et incroyable dans le rôle de Colombine. Des filles de ma classe qui m’avaient pris en grippe pendant l’année, m’avaient complimenté. Je n’en revenais pas. Les jours suivants au lycée, des petits malins étaient venus  « me demander un autographe ». En cours de français, Monsieur F. avait exprimé le regret que je ne sois pas venue en classe habillée en Colombine....Les autres représentations s’étaient enchaînées sans encombre et avec bonheur. Tous ces compliments m’avaient fait un bien fou. Je m’étais révélée à moi-même et aux autres qui portaient un regard différent sur moi. Je n’étais plus cette élève timide, ne disant pas un mot plus haut que l’autre. J’avais montré d’autres facettes de ma personnalité. J’avais osé monter sur scène devant tout ce monde qui avait pris la peine de m’écouter. Le théâtre peut parfois changer la vie d'une timide et lui faire gravir des montagnes. Comme si cela ne suffisait pas, je suivais aussi le cours de Mme F. qui avait lieu à l’espace Maurice Ravel dans le 12ème arrondissement de Paris. J’y suis restée deux ans. Mme F. a été une professeure importante à mes yeux. Une femme volubile, charismatique, ne vivant que pour le théâtre et son enseignement. Ses élèves l’appelaient « La dame ». Elle était pour eux une sorte de diva. Le cours comprenait des élèves de tous âges, avec autant d’hommes que de femmes. Certains étaient des habitués de longue date qui étaient même devenus comédiens professionnels. C’était un groupe uni et chaleureux. Mme F. ne jurait que par une technique théâtrale bien huilée aux méthodes plutôt classiques. Elle m’avait enseigné les rudiments et les bases du jeu : le travail de la voix et de la diction, le maintien et les déplacements sur un plateau. J’avais travaillé des textes en alexandrins et des rôles de pièces de Molière : la studieuse Armande dans « Les femmes savantes », la douce Eliante, dans « Le Misanthrope » , La candide Agnès dans « l’Ecole des femmes ».     Le spectacle de fin d’année était composé de scènes travaillées pendant l’année. J’avais joué un extrait de la pièce d’Edmond Rostand avec deux élèves du cours. La boucle était bouclée. Nous jouions dans la salle de spectacle de l’espace Maurice Ravel qui disposait d’une belle scène et de loges spacieuses. Quel luxe de jouer dans un vrai théâtre !     [17-2-13], salle du congrès des agriculteurs de France [salle vide, salle de spectacle, 8 rue d'Athènes au siège de la société ?] : [photographie de presse] / [Agence Rol]   L’année suivante, nous avions monté un spectacle intitulé, "Square Prévert" composé de poèmes de Jacques Prévert, en mars 1988, année du 10ème anniversaire de la mort de l'auteur. J’avais travaillé le beau texte « Dans ma maison », délicat et sensible. Nous avions joué dans une des immenses salles de de l’Unesco. C’était vertigineux de dire un texte, seule sur une vaste scène. J’étais portée par les mots rêveurs de Prévert. C’était un vrai plaisir de participer à un spectacle où chacun disait un poème, apportant ainsi sa pierre à l’édifice. Ce cours a été une belle expérience, chaleureuse et riche en enseignement. Toutefois, je trouvais les méthodes de jeu de Mme F. trop classiques et trop contraignantes. J’ai eu envie de changement et de voir si l’herbe était plus verte ailleurs.     Je me suis inscrite au Cours Simon, réputé pour sa formation de haut niveau. J’avais alors dix-sept ans et j’étais en terminale. J’ai cédé aux trompettes de la renommée. Le cours était cher. Mes parents avaient dû faire des efforts financiers. L’ambiance y était impersonnelle. Les nombreux élèves étaient aisés et chics. Le professeur du cours était un brin exalté et comme dans la série "Fame", il réclamait de nous...(roulement de tambour)... "notre sueur". Paroles vaines ! Certains ne passaient jamais de scène et préféraient papoter entre eux. Alors que je venais de passer une scène dans le rôle d’Armande des « Femmes savantes », péremptoire, il m’avait presque déclamé : « Vous jouez trop bien la sérieuse et austère Armande, il faudrait que vous travailliez la « Putain respectueuse » de Sartre ! ». Je devais jouer une femme toute en sensualité vivant de ses charmes. Diantre ! Il fallait donc à nouveau forcer ma nature et ma pudeur ! Pour entrer dans la peau du personnage, je devais déambuler en combinaison que j’avais empruntée à ma mère. Je croyais à nouveau me promener toute nue devant tout le monde. Il fallait donc être naturelle et à l’aise avec son corps pour interpréter ce rôle. Dans cette scène, je venais de passer la nuit avec un client. Pourtant rien de torride, je devais enlacer brièvement mon partenaire. Les échanges entre les personnages tournaient vite au vinaigre… Je n'ai pas vraiment brillé dans ce rôle mais il me changeait des emplois de jeunes premières...J'avais tellement à apprendre, encore et toujours.   (Gallimard (Folio), 1986)    Adolescente, je découvrais le jeu mais aussi l’incroyable plaisir d’être spectatrice : Spectateurs et comédiens qui vibrent et palpitent comme un seul cœur. J’allais souvent au théâtre. Habitant la capitale, je n'avais que l'embarras du choix ! Et quel choix ! J'y ai vu des spectacles extraordinaires avec les plus grands metteurs des années 1980.  Des pièces diffusées à la télévision m’avaient émerveillée, me faisant regretter de ne pas avoir été dans la salle à ce moment-là :   Le mariage de Figaro de Beaumarchais : dans la mise en scène enthousiasmante de Jean-Pierre Vincent avec les incroyables, Dominique Blanc, André Marcon, Didier Sandre. Théâtre national de Chaillot, 1987. Le souvenir d’une mise en scène enlevée, vive, palpitante.Informations sur le spectacle :Bibliothèque nationale = ICIThéâtre contemporain.net = ICIImages du spectacle : Gallica = ICI Le Soulier de Satin de Paul Claudel :  mise en scène d’Antoine Vitez, avec Ludmilla Mickaël, Didier Sandre. Version intégrale, de douze heures au Festival d’Avignon, juillet 1987. Je l’avais regardé à la télévision tout l’après-midi, c’était magnifique et inoubliable. Ludmilla Mickaël et Didier Sandre étaient tellement beaux et émouvants.Informations sur le spectacle : Société Paul Claudel = ICIArchives du spectacle.net = ICIImages du spectacle :  vidéo INA =  ICI   Et je suis allée au théâtre pour de vrai :     * Le Cid de Corneille au théâtre Renaud-Barrault, novembre 1985 : mise en scène de Francis Huster avec Jean Marais, Jean-Louis Barrault, Francis Huster et Jany Castaldi.  Même si la mise en scène et l’interprétation de Francis Huster n’étaient pas inoubliables, cela restait un grand souvenir de voir Jean Marais et Jean-Louis Barrault, ces deux vieux monstres sacrés imposants, s’affrontant, magistralement, dans les rôles des pères. Je me rappelle la voix caverneuse d’un Jean Marais aux cheveux tout blancs.Infrormations sur le Spectacle : Les archives du spectacles.net : ICIImages du spectacle : Gallica = ICIVidéo Ina = ICI et LA   * Spectacles mise en scène par Marcel Maréchal : Don Juan de Molière : avec Pierre Arditi et Marcel Maréchal en 1989, à la maison de la culture de Bobigny. J'aimais bien ce cabotin de Marcel Maréchal au jeu vivant et irrésistible. Je voyais aussi Pierre Arditi sur scène pour la première fois en élégant Don Juan.Images du spectacle  : Vidéo Ina = ICIJ’avais vu cette pièce pour la première fois dans la mise en scène de Beno Besson à Maison des arts et de la culture de Créteil, en novembre 1987 avec Carlo Brandt en Don Juan et Philippe Evrard en Sganarelle. Rien que du beau monde. J’aimais beaucoup le personnage de Sganarelle obligé de suivre Don Juan dans toutes ses frasques et réclamant ses gages à la mort de son maître. Je découvrais l'inquiétant personnage de Don Juan, ce « Grand seigneur méchant homme » comme l’appelle Sganarelle, qui ne vit que pour son bon plaisir mais qui affronte sans sourciller la terrible statue du Commandeur. Etonnante, cette fin surnaturelle chez Molière.L’Ecoles des femmes de Molière : Maison des arts de Créteil en 1989. Marcel Maréchal en Arnolphe était assez savoureux. Quand il ne se souvenait plus de son texte, (des vers en alexandrins), il prononçait des sons incompréhensibles pour combler ses trous se mémoire. Il faisait aussi force mimiques et gestes pour appuyer ses propos.Photos du spectacle : Gallica  = ICI    *Mises en scène d’Antoine Vitez : J’étais déçue, je le reconnais par les spectacles que j’ai vu après avoir tant admiré son « Soulier de satin ». Je n’ai pas vu ses meilleures mise scènes, je pense.Le misanthrope : avec Dominique Blanc et Patrice Kerbrat au théâtre de Chaillot, en 1988. Sa précédente mise en scène de la pièce de la pièce datant de 1978 semblait bien plus inventive.Informationns sur le spectacle : Enscènes = ICILe mariage de Figaro : à la Comédie-Française en 1989. Je fondais beaucoup d’espoir dans ce spectacle après avoir vu celui de Jean-Pierre Vincent à la télévision. La mise en scène s’était révélée classique et sans surprise. Jean-Luc Bidault que j’appréciais pourtant, y campait un comte Almaviva ridicule.La Célestine de Fernando Rojas : Représenté au Festival d'Avignon, en juillet 1989. Je l'ai vu, moi au Théâtre de l’Odéon en septembre 1989. En revanche ce spectacle m’avait beaucoup plu. Incroyable Jeanne Moreau, impressionnante en fabuleuse entremetteuse, à la voix rocailleuse ! J’étais tellement heureuse de l’avoir vue sur scène. Informations sur le spectacle : ICIPhotos du spectacle : Gallica = ICI vidéo Ina : ICI   * Anne-Marie Lazarini et le théâtre Artistic Athévains (ou Les Athévains pour les intimes) : petit théâtre de quartier près de chez nous et qui envoyait de nombreuses invitations à ma mère. Nous y sommes allés souvent. Je me souviens des belles mises en scène soignées et poétiques d’Anne-Marie Lazarini directrice du théâtre. Les amoureux de Goldoni : en 1985 J’avais bien ri, je découvrais Goldoni. Une amoureuse qui aimait faire enrager son amoureux.Informations sur le spectacle : Les archives du spectacle.net =  ICILe Timide au palais de Tirso de Molina : septembre 1988 Je découvrais le théâtre espagnol du siècle d’or. Informations sur le spectacle : les archives du spectacle.net = ICI   * Lapin, lapin de Coline Serreau, mise en scène de Beno Besson, Théâtre de la Ville en 1986. Coline Serreau dans le rôle de Mama devait s’occuper de sa famille à problèmes. Drôle, émouvant, chaleureux.Informations sur le spectacle : Les archives du spectacle.net = ICI Site de la compagnie, L’Esperluet qui a repris le spectacle en 2012-2013: ICI    *Jorge Lavelli : autre incroyable metteur en scène d'orignine argentine dont j’avais vu quelque pièces lorsqu’il dirigeait le théâtre de la Colline.Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare : Comédie-Française, 1986. Découverte de Shakespeare, une pièce folle, pleine de magie, de drôlerie et de féerie, burlesque où j'ai réalisé bien après que j’avais vu des comédiens fabuleux sans le savoir : Richard Fontana, Jean-Luc Bouté, François Chaumette…Informations sur spectacle : Comédie-Française = ICIVidéos ina = ICI et LA * Les Acteurs de bonne foi  de Marivaux, mise en scène par Jacques Lassalle : Cloître des Célestins Avignon, 1987, festival d’Avignon. Je n’avais pas pu aller voir le « Soulier de Satin » de Paul Claudel dans la fabuleuse mise en scène d’Antoine Vitez qui se jouait aussi au Festival d’Avignon. Heureusement, il restait des places pour ce spectacle. Je n’ai pas été déçue du voyage. Je l'avais apprécié et je n'étais pas partie avant la fin en laissant tomber une bouteille de verre. Dans cette pièce, des comédiens y jouent un spectacle, ce qu’on appelle du théâtre dans le théâtre. Drôle et enlevé. Je retrouvais bien là la vivacité de Marivaux.Informations sur le spectacle : les archives du spectacle.net  = ICI Les photos du spectacle : Gallica : ICI   J’avais fait l’expérience d’une belle aventure collective. Le théâtre était devenu toute ma vie. Je voulais partir au front, brûler les planches, vivre de ma passion ! Je n’avais pas la choix, je devais devenir comédienne ! Ainsi, s'achève le troisième épisode de mon épopée théâtrale !     Notes :  Les illustrations proviennent essentiellement de Gallica. En préparant cette 3ème chronique, j'ai pu me remémorer ces spectacles grâce à la magie des photos trouvées sur Gallica et les vidéos de l’ina.  *Citations d'articles à props de la pièce, "L'Eveil du printemps" de Wedekind : *Article du monde : ICI*théâtre de la Tempête : https://www.la-tempete.fr/saison/2019-2020/spectacles/l-eveil-du-printemps-600 Mes deux précédentes chroniques : ICIN'hésitez pas à vous abonner : ICI   

  • Sable Show !
    par Bilichou le 09/08/2020

      Interlude estival suivi de ma 3ème chronique théâtrale.  Les précédentes chroniques : ICI et avant goût burlesque : LA     Vidéo avec musique folklo !    Le Sable Show : festival de musique (Villers-sur-Mer)  

  • Fugace Vercors !
    par Bilichou le 26/07/2020

      Quand te reverrai-je pays merveilleux ? A peine, y avons-nous posé les pieds que nous voilà reparti pour d'autres cieux, plus frisquets et plus urbains... Alors vivons d'éternels souvenirs....   AIR  (Sommet du grand Pommerol)     TERRE (Champ de fleurs près de la Forêt de Saou)   FEU (Champ de tounesols flamboyants, Suze-sur-Crest)   EAU (Fontaine de Cobonne)     N'hésitez pas à vous abonner ICI :-)Ma chaîne Youtube

  • Chroniques théâtrales # 2
    par Bilichou le 05/07/2020

      ENFANCE ET THEATRE   Comme je le disais dans ma précédente chronique, j’ai découvert le théâtre tôt dans ma vie et malgré moi ! Etais-je tombée dans la marmite quand j'étais petite ? Je n’irai pas jusque-là mais mes parents m’emmenaient voir toutes sortes de spectacles qui pouvaient tout aussi bien m’émerveiller que m’ennuyer profondément. Me débuts de spectatrice ont été parfois difficiles.Commençons par mes expériences douloureuses. Je trouvais qu’on était mal assis, que les fauteuils étaient inconfortables et je me faisais gronder parce que je me tortillais sur mon siège en ronchonnant. Il ne fallait pas parler tout haut parce que cela dérangeait les acteurs et qu'il il fallait les écouter attentivement. Quelle idée !  Ma première mésaventure de spectatrice a eu lieu au Festival d’Avignon*,  je devais avoir sept ou hui ans. Nous étions partis pendant la représentation, parce que je mourais d'ennui (et mes parents aussi m’avaient-ils avoué plus tard). Au moment de sortir de la rangée où nous étions assis, mon pied a buté contre une bouteille en verre qui a dévalé une à une les marches de l’escalier de la salle, faisant un boucan infernal. J’étais mortifiée, mes parents encore plus, devant les réactions d’indignation des spectateurs. Ironie du sort, quelques années après, je suis retournée de nombreuses fois au Festival d’Avignon pour mon plus grand plaisir. Mes exploits de spectatrice n’en sont pas restés là, j’ai dormi pendant les plus beaux spectacles ayant marqué l’histoire du théâtre.      Je m’en mords les doigts encore aujourd’hui. Je m’étais endormie pendant la pièce , « La Mouette » de Tchekhov, dans la mise en scène du grand et merveilleux Antoine Vitez, au théâtre de Chaillot en 1984. Nous étions placées haut et loin dans la salle. Je ne voyais que des silhouettes blanches déambuler sur scène et parler d'une façon mélancolique. Ma mère avait dû me réveiller parce que je ronflais. Je suis ensuite allée voir d’autres spectacles d'Antoine Vitez mais qui n’avaient pas peut-être pas fait date comme celui-ci.  Je me souviens aussi de cette diffusion à la télévision du « Misanthrope » de Molière qui était resté pour moi un OBSCUR mystère : les alexandrins incompréhensibles de Molière, la mise en scène sophistiquée de Vitez, la grande comédienne Jany Gastaldi interprétant Célimène, avec un phrasé précieux. Comme si cela ne suffisait pas, j’étais passée totalement à côté de la vaste épopée indienne, « Le Mahabharata », dans la mise en scène du foisonnant Peter Brook, aux Bouffes-Nord* en 1985. Je m’y étais ennuyée ferme à nouveau devant cette œuvre grandiose. Pendant le spectacle, je soupirais d’ennui sous les réprimandes de mes parents, je comprenais difficilement les acteurs anglo-saxons vêtus de tuniques brunes, qui parlaient en français avec un fort accent. La compagnie de Peter Brook se compose d'acteurs venant de tous les continents :  asiatique, africain, européen faisant ainsi sa grande richesse. Les comédiens de toutes origines jouaient indifféremment des pièces de Tchékhov, Shakespeare, donnant ainsi un beau tableau de l’humanité dans sa diversité…Bigre, quel dommage de ne pas avoir été plus mûre pour apprécier ce spectacle fabuleux à sa juste valeur…Pourtant, il me reste des images précises de ces spectacles, les belles œuvres continuent de vivre dans nos souvenirs….  Je voulais aussi vous raconter à quel point je m’étais ennuyée à la projection du fim, « Molière » d’Ariane Mnouchkine*... Je vous parlerai dans de prochains épisodes de l’incroyable aventure du Théâtre du Soleil et de sa metteuse en scène charismatique…. Heureusement, j’avais aussi de bons souvenirs de spectacles. Rien ne valait le théâtre que l'on regarde à la télévision, installée confortablement ! J’aimais bien la fameuse émission, « Au théâtre ce soir   qui diffusait des pièces de boulevard. Ca m’amusait de voir ces comédiens cabotiner et batailler pour obtenir les rires et les faveurs du public. Je me rappelle Jean Le Poulain martelant à Maria Pacôme, la réplique finale « Parce que le noir te va si bien » pour que les spectateurs comprennent bien qu’il s’agissait aussi du titre de la pièce. Qui ne se souvient pas des saluts à la fin des spectacles ?  Tous les acteurs étaient cités et applaudis un à un.  « Les décors de Rogert Hart !!! » sont dans toutes les mémoires.  Aller au théâtre pour de vrai avait aussi du bon ! Malgré mes jeunes années, l’adaptation,  « Peines du cœur d’une chatte anglaise* » par Geneviève Serreau de la nouvelle de Balzac, m’avait amusée et émerveillée (en 1983). Il s’agissait tout de même d’une œuvre destinée au jeune public. Les personnages étaient des animaux et les comédiens portaient des masques. Le décor était somptueux. La mise en scène d’Alfredo Arias était vive, drôle et féerique.  Les spectacles de marionnettes que j’aillais voir au jardin du Luxembourg étaient aussi de bons souvenirs. Les décors du théâtre de Guignol me semblaient extraordinaires. Guignol demandait aux enfants s’ils avaient vu le gendarme. En général, le gendarme surgissait aussitôt, prêt à taper sur guignol avec un gourdin. Depuis les choses n’ont pas beaucoup changé. Malgré nos cris, Guignol n’entendait jamais nos avertissements. Mon père d'ailleurs avait eu la riche idée de me fabriquer un théâtre de marionnettes en polystyrène, qu’il avait joliement décoré. J’avais trouvé ça magique !    Comme tous les enfants, j’aimais me déguiser avec plus ou moins de bonheur, selon les fêtes d’anniversaires ! Je m’inventais des histoires. J’avais commencé une pièce de théâtre dont j’étais l’héroïne et dans laquelle mes parents jouaient des sorciers. Nous avions même commencé des répétitions. J’imaginais aussi des sketches et des petits spectacles avec mes cousins et amis, c’était bien souvent le grand n’importe quoi.  Nous nous produisions devant nos parents et membres de notre famille. Je faisais surtout des sketches avec ma copine Carine. C’était enivrant de s’inventer des personnages, de les interpréter, de s’évader dans des histoires incroyables, de se déguiser le temps d’un bref spectacle. A force de me voir faire la saltimbanque, ma mère a eu la bonne idée de m’inscrire à un cours de théâtre. Il y avait bien ce cours pour enfants-adolescents au théâtre des Athévains dans notre quartier qui avait bonne presse mais il était toujours complet. Une amie à elle, lui avait parlé d’un cours d'art dramatique dans le 5ème arrondissement qui s’adressait à de jeunes élèves. J’avais alors douze ans. Auparavant, j’avais suivi toutes sortes d’activités que j’abandonnais aussitôt. Le théâtre a été la premièr loisir que n’ai pas abandonné et que je n’ai pas lâché pendant vingt ans. Dans ce cours qui devait être destiné aux enfants, il n’y avait que des adultes, aucun élève de mon âge ne s’était inscrit. Il avait d'abord eu lieu le mercredi après-midi puis faute de combattants, j’avais rejoint  les cours pour adultes en fin de journée un autre jour de la semaine. Je me souviens du sentiment de liberté que j’éprouvais lorsque je prenais le bus seule pour y aller. Le professeur, était un gars chaleureux mais comme tout bon pédagogue de théâtre, il se voulait exigeant pour obtenir de nous le meilleur de nous-mêmes... Mes camarades de jeux plus âgés étaient sympatiques et bienveillants avec moi. Ils suivaient les cours tous les soirs et voulaient en faire leur métier. Les lieux étaient équipés d’une vraie scène même si elle n’était pas bien grande avec des coulisses et des projecteurs. Je me souviens de l’odeur de la salle et des fauteuils. Nous étions plongés immédiatement dans l’ambiance.   L’aventure de l’apprentissage du jeu commença. Je faisais mes premiers pas sur scène. Nous avions débuté par des improvisations. C’était amusant d’inventer son propre texte et de jouer avec des partenaires des situations totalement inconnues. Cet exercice renouait avec mes jeux d’enfants. Je me souviens plus particulièrement d'une improvisation dont la consigne était de placer un mot incongru. Comme rien ne me venait, j’avais lancé à ma partenaire, « Espèce de gos pigeon tout poilu ! » déclenchant l’hilarité générale. J’aimais entendre les rires dans la salle.   (Illustration de Gustave Doré du Capitaine Fracasse de Théophile Gautier)  Je découvrais les pièces travaillées par les autres élèves comme la folle "Madame Marguerite"  de Roberto Athayde  ou « Une journée particulière pièce » tiré du film d’Ettore Scola ! Il y volait toutes sortes de répliques fleuries pour mes chastes oreilles... Je me suis attelée moi-même à des scènes aux univers surprenants, tragiques ou insolites, me donnant parfois du fil à retordre. Je me suis donc frottée à la pratique du jeu, à l’apprentissage du texte, à la nécessité de répéter plusieurs fois une réplique difficile. Je commençais à entendre des remarques récurrentes : je parlais trop vite, je n’articulais pas assez. J’ai eu bien du mal à me corriger de ces manies. Je devais faire toutes sortes d'exercices diction : Petit pot de beurre, quand te depotipotdebeureriseras-tu ?"  La toute première scène que j’ai répété, était extraite de la belle pièce, « Propriété condamnée » de Tennessee Williams. J’interprétais une jeune fille de mon âge, bravache et livrée elle-ême qui trainaît sur une voie de chemin de fer dans le Mississipi. Elle racontait sa vie malheureuse à un jeune garçon admiratif. C’était une adulte qui me donnait la réplique. Elle était aussi l’amoureuse du prof  avec qui elle se chamaillait régulièrement. J’avais le souvenir d’une jolie scène qui me faisait voyager par l’esprit. J’imaginais ces rails qui s’étendaient devant moi et se perdaient au lointain sous un soleil éblouissant. Et puis j'ai travaillé des scènes d’auteurs secondaires :  le prof devait s’échiner à me trouver des pièces avec des rôles de mon âge donnant la réplique à des adultes. Dans une pièce, « La Gamine », (dont je ne me rappelle plus l’auteur), je jouais une petite demoiselle effrontée qui s’était entichée innocemment d’un homme d’une trentaine d’années.Dans une scène de la pièce tragique, « Jeune fille en uniformes » de  Christa Winsloe, j'étais une jeune fille d’un internat, amoureuse de sa professeur. Leurs relations même chastes étaient interdites par le règlement du pensionnat. La seule réplique dont je me souvienne et sur laquelle je butais tout le temps, était « Chère bonne et belle Madame Von Bernbourg, ».  (Il existe aussi un film   avec Romy Schneider qui interprétait mon personnage avec fougue. et talent). Avec ce morceau de bravoure laborieux, j’ai connu mes premiers échecs cuisants. Je devais jouer cette scène pour l'audition de fin d'année. J’ai échoué lamentablement. Je n'ai pas pu passer en deuxième année du cours. Pendant l’audition, ma partenaire et moi, nous nous étions mélangées dans nos répliques et avions eu un trou de mémoire. Nous avions dû interrompre la scène.  Je m’étais enfuie toute honteuse, en pleurant avec un affreux sentiment d'échec. Ma première expérience de l'art dramatique se termina ainsi. Je me demande bien à présent ce que cette deuxième année aurait bien pu m’apporter d’extraordinaire !  Avec les les années, j'ai réalisé combien ce cours avait été captivant, passionnant et haut en couleurs. Pourrait-on dire que le théâtre est une école de la vie ? Je ne suis pas loin de le penser. A suivre ma 3ème chronique flamboyante : ICI   Tableau de mes chroniques théâtrales # 2   NOTES : J'ai truffé cet article de liens, j'espère qu'ils seront relativement pérennes. *Le festival d’Avignon annulé en juillet 2020 en raison de la crise sanitaire du covid-19 propose un programme, « Un rêve d’Avignon » incroyable et inédit. Le site en parle mieux que moi :"Un Rêve d’Avignon, ce sera donc chaque jour en juillet 2020, des créations uniques – fictions, spectacle de la Cour d’honneur réinventé, documentaires, podcasts – mais aussi la mise en valeur d’une mémoire de grandes rencontres et d’œuvres qui ont marqué, changé les spectateurs. Trois semaines de programmes inédits sur les antennes et les plateformes numériques de l’audiovisuel public et sur le site du Festival d’Avignon qui, le temps d’un été, nous permettront malgré tout et autrement de rêver ensemble." *Peines de cœur d’une chatte anglaises : régie théâtrale et *Estampes de Paris musées *Peter Brook et Bouffes du Nord  * Antoine Vitez  *Ariane Mnouchkine, Théâtre du Soleil    N'hésitez pas à vous abonner ICIMa chaîne Youtube   

  • Attention, arrivée de pommes de pin, de petites fleurs...(suite)
    par Bilichou le 29/06/2020

         Début de l'article : ICI ...Une autre expérience, une autre leçon de vie, acharnée, folle mais belle celle-ci, un homme incroyable le facteur Cheval et son palais idéal, un rêve qui symbolise un monde idéal de fraternité, de réconciliation loin de toutes les barbaries. Ce facteur de Hauterives  (1836 - 1924) dans la Drôme bien loin de se douter des terribles drames qui aillaient se jouer pendant la guerre de 1939-1945 même s'il avait bien dû entendre parler de la première. Cet homme parcourait chaque jour une quarantaine de kilomètres pour faire sa tournée de facteur avec sa brouette afin de ramasser des pierres et bâtir seul sa précieuse oeuvre pendant plus de trente ans.....Nous avons visité son palais idéal par une pluie battante...mais l'oeuvre en valait la chandelle. Vivre sa vie comme une oeuvre d'art   En fin de vidéo, une oeuvre de Bernard Pras   Vidéo réalisée par mon collaborateur anonyme qui avait trouvé une superbe musique en accompagnement : Banda De Musica Municipal de Santiago - Les Passantes (d'après Brassens)  mais Youtube ne l'a pas accepté en raison d'une infraction aux droits d'auteur. Nous avons choisi cette autre musique parmi celles libres de droits proposées par Youtube.   Voir ma première chronique théâtrale. N'hésitez à vous abonner à mon blog :-) : ICIMa chaîne Youtube  

  • Chroniques théâtrales # 1
    par Bilichou le 26/06/2020

        Je ne sais pas si je dois intituler ces écrits, des chroniques théâtrales. Je ne ferai pas de critique de spectacles même si je parlerai de pièces de théâtre. Je veux faire écho à mes chroniques musicales, où je racontais mes découvertes et anecdotes musicales. Je veux aborder mon expérience théâtrale, ma pratique de l’art dramatique (en amateur) , mes rêves et mes désillusions, mes expériences de spectatrice faites de bonheur et d’ennui profond (pour rester polie). J’ai tellement peur de ne pas tout dire, ou du moins de ne pas pouvoir exprimer à quel point le théâtre m’a fait un bien fou, combien il m'a apporté de joie, combien il m’a fait vivre des expériences extraordinaires. J’ai tellement hésité avant de me lancer dans ce vaste feuilleton théâtral ! Oui il sera prolifique et ample composé de plusieurs épisodes ! Je m’emballe. Je joue les tragédiennes. Ma passion pour le théâtre vient de loin, remonte à des temps immémoriaux, presque à la naissance du théâtre en pleine antiquité grecque, où il faisait bon libérer sa catharsis, cet effet de « purification » produit sur les spectateurs pendant une représentation dramatique. La tragédie qui  selon Aristote, suscite en nous la pitié et la crainte, mais nous soulage en même temps puisque nous ne vivons pas réellement tous les maux de la terre représentés sur scène. Au départ, ce n’était pas du tout une passion, j’en faisais un rejet total. Petite, mes parents me traînaient voir tous les spectacles possibles et inimaginables et je m’y ennuyais profondément. Je remercie tellement mes parents pour ça ! (Bon, calmons-nous je n'ai pas reçu de prix à la cérémonie des molières, non plus !) Après ces paroles enthousiastes, comment m’expliquer que depuis un certain temps déjà, je me suis totalement désintéressée du théâtre. Pourtant, j’ai récemment terminé une vague pièce de théâtre et je reste au contact quotidien de textes théâtraux... Toutefois, je n’ai pu que constater que j’avais perdu le feu sacré et que la flamme s’était éteinte en moi. comédienne Réjanne (1856-1920) Comme chacun sait, une épidémie et une crise sanitaire se sont abattues sur le monde entier. Le confinement a suscité de nombreuses initiatives de structures culturelles et théâtrales que je salue pour maintenir un lien avec leur public !  Par la force des choses, j’ai retrouvé le goût du théâtre. J’avais plus de temps, l’esprit plus libre, malgré ces temps difficiles. Je peux clamer haut et fort que c’est  « La Comédie-Française qui a rallumé la flamme ! ».  Merci à cette noble institution ! Merci au théâtre de Molière ! Les spectacles diffusés sur France 5, le dimanche soir m’ont épatée, divertie, émue pendant cette période de confinement : des pièces de Feydeau, Goldoni, Marivaux, Pagnol, Molière, Shakespeare (les fondamentaux)… La Comédie-Française a aussi créé une chaîne en ligne sur son site et sur Youtube, « La Comédie continue » où elle propose des interviews des comédiens et des salariés de son théâtre, des lectures, des diffusions de spectacles,… J’ai vraiment découvert les comédiens de la Comédie-Française (Dominique Blanc, Christian Hecq, Elsa Lepoivre, Guillaume Gallienne, Florence Viala...) , à travers leurs « causeries ».  Leur parcours, leur expérience théâtrale m’ont beaucoup touchée. Leurs premiers pas dans ce grand théâtre national, leur début qui m’ont rappelé les miens toutes proportions gardées, évidemment… !  Loïc Corbery, parle d’une révélation à lui-même lorsqu’il a commencé le théâtre au lycée.  C’est exactement ce que j’ai ressenti lorsque j’ai mis les pieds sur une scène devant un public pour la première fois. Je cause de causeries mais je n’aborde toujours mon expérience théâtrale…Dans les prochains billets, je vous parlerai de mes débuts de spectatrices calamiteux, de mes sketches et de mes spectacles que je jouais, enfant pour ma famille, de mes premiers cours de théâtre : ce loisir devenu une passion. Cette folle envie de continuer à pratiquer l’art dramatique, de devenir même un temps comédienne, d’aller voir des spectacles incroyables,.... Enfin, l’heure où la prudence reste de mise, j’ai tellement l’envie de retourner au théâtre, de respirer l’odeur d’une salle, de ressentir cette catharsis avec les autres spectateurs. Comment trembler et rire avec un masque sur le nez en cette période étrange. Je voudrais tellement retourner à la Comédie-Française.  J’ai eu la chance de voir de la belle ouvrage : « La forêt », d’Ostrovski, mise en scène de Poitr Fomenko avec Michel Vuillermoz, « Les joyeuses commères de Windsor » de Shakespeare, « Le dindon de la farce » de Feydeau, mise en scène par l’incroyable, Lucas Lemleb, Le bourgeois gentilhommede Molière avec Michel Robin, mise en scène de Jean-Louis Benoît, Cinna de Corneille.  J’aimerais aussi remettre les pieds dans bien d’autres théâtres de France et de Navarre….. J’attends de voir la suite des événements….  A suivre :  chronique théâtrale #2  Allons prendre l'air dans un jardin naturel d'abord, le temps d'une pause...    N'hésitez à vous abonner à mon blog :-) : ICIMa chaîne Youtube    

  • Anna Karenine de Tolstoï : un passage au pif # 5
    par Bilichou le 23/06/2020

        L'ouvrage dans la vidéo a été publié par GF-Flammarion en 1988 dans la traduction de Sylvie Luneau. Pour ma lecture en vidéo, le texte :  Anna Karenine : roman. Tome 1er de Léon Tolstoï (1828 - 1910), traduit du russe, 8ème édition, Librairie Hachette et cie, 1896. (source Gallica) La quête d'absolu d’Anna Karenine s'accorde mal avec les convenances hypocrites de la noblesse russe de la fin du XIXe siècle. L’auteur nous offre dans ce roman, une vaste fresque de la société russe contemporaine de son époque.     "Anna Karénine " est un roman de Léon Tolstoï (1828-1910) paru en feuilleton dans le périodique mensuel «Le Messager russe » à Moscou en 1877. Le roman, publié en version intégrale en 1878, est traduit en français en 1885. Il oppose deux couples : d’un côté, Lévine et Kitty  Stcherbatskï, ménage honnête ; de l’autre, Alexis Karenine, le comte Vronski et Anna Karénine, triangle amoureux qui connaîtra humiliations et déboires. Après cette énigme en fin de vidéo, je vends la mèche : Anna Karénine, jeune femme mariée à Alexis Karénine et mère d’un jeune garçon, se rend en train chez son frère à Moscou. En descendant du train, elle croise le comte et officier Vronski, dont elle s’éprend passionnément. Tous les deux ont une liaison. Anna Karenine tombe enceinte de lui. Se sentant coupable, elle avoue son infidélité à son mari, qui lui demande seulement de sauver les apparences. Vu les graves complications de la grossesse et de l’accouchement, Alexis consent à lui pardonner. Cependant Anna rencontre Vronski par hasard et part vivre avec lui. Victime d'une passion douloureuse à laquelle elle a tout sacrifié, elle finit par se jeter sous un train. Plus d'informations détaillées sur le roman : ICI ET LA Les lectures de passages au pif Toutes les lectures de textes  N'hésitez à vous abonner à mon blog :-) : ICI

  • Hippo et Paulette boivent un café en terrasse !
    par Bilichou le 10/06/2020

      Dur de se déconfiner !        Hippo et Paulette  Hippo et Paulette : youtubers Les rêveries de Hippo