Madame Ciboulette

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  • FAÇONNER LA MAMAN QUE JE SUIS AUJOURD'HUI
    par Cicie le 20/06/2020

    Il y a cette période pendant laquelle certaines femmes sont ô combien vulnérables.Elle dure plus ou moins longtemps : quelques heures, quelques jours, quelques semaines, quelques mois.Me concernant, elle a duré 4 ans.Ce n'est pas forcément facile de l'admettre, encore moins de l'écrire, car je dis en public que j'ai été plus longue à la détente que la plupart des mamans. Mais je souhaite que certaines femmes, dans une situation similaire, puissent peut être me lire un jour et se dire qu'elles ne sont pas seules.C'est important car, pour ma part, j'ai pensé très fort plusieurs fois que j'étais seule à traverser cette étape et que c'était un échec. Alors qu'en fait, avec plus d'expérience et plusieurs nuits complètes (Yes ! Le moment est venu), je suis dorénavant persuadée que nous sommes plusieurs à le vivre et que le mot "échec" n'a pas sa place ici.Je ne parle pas de baby blues, je ne parle pas de dépression post natale. Cette période peut inclure l'un et l'autre, l'un ou l'autre, mais ce n'est pas obligatoire.Cette période, je l'appelle "la période de calage" car je n'ai pas trouvé d'autre nom. C'est cette période étrange ou nous ne sommes plus enfant, mais qu'on ne se sent pas encore adulte à part entière, et pas encore non plus légitime en tant que parent.J'ai mis 4 ans à me construire en tant que maman.J'ai mis 4 ans avant de me sentir à 100% à l'aise dans le rôle de ma vie.Certes, cette étape importante m'offre de nombreux moments magiques, mais elle m'impose également des problématiques plus complexes à gérer, tant au niveau des émotions que de la fatigue. Et ça, j'avoue que je ne m'y attendais pas.Moi qui n'ai pas eu de modèle maternel, j'ai dû apprendre, me remettre en question souvent, faire des erreurs, beaucoup. Et c'était difficile. J'ai beaucoup pleuré, j'ai pris de sacrées claques. Mais j'ai du faire un constat à un moment : non, je ne suis pas la maman que je m'étais toujours imaginé être.Effectivement, le plus frustrant pour moi a été de constater qu'il y avait parfois une grande différence entre ce que je m'imaginais de la mère que je voulais être et celle que j'étais réellement. Avec son son lot de réactions parfois négatives, de sentiments peu avouables et de manque d'énergie lié au manque de sommeil.Franchement, je ne me voyais pas un seul instant en galère comme l'était caricaturée  Lynette Scavo, lorsque je m'imaginais mère de famille.Et puis en fait, une grossesse plus tard, paf ! Je le voyais dans le miroir chaque après-midi en passant devant : Je n'étais pas lavée, sentait le vomi, avais des cernes de 3 jours et des chaussettes sales dépareillées de l'avant veille. Je m'observais, attacher mes cheveux sales, perdre mes mots à cause de la fatigue et fondre en larmes à la moindre contrariété.J'étais comme un château de cartes écornées : TRÈS FRA-GI-LE. Parce que je n'avais pas, ni de mère pour me servir de repère, ni d'amie proche qui soit maman avant moi, pour me rassurer.On nous dit souvent qu'être mère, ça vient tout seul. On le pense aussi très souvent soi même.Et bien, c'est faux et très culpabilisant car ce n'est pas le cas pour toutes les femmes. Moi j'ai dû apprendre. ça s'apprend pour certaines femmes, d'élever un enfant. ça s'apprend à ses côtés même. Et ça ne remet pas en question l'amour qu'on lui porte depuis l'instant où on sait qu'il est en nous.________________________________Ecoute bien ceci, Mamounette, car je me confesse pour toi. Pour que tu comprennes que tu n'es pas seule :J'ai déjà eu des biberons avec du lait tourné dedans au fond de mon évier, tellement j'étais à l'arrache sur la vaisselle.J'ai déjà remis des vêtements sales, qui faisaient l'affaire, à mes enfants parce que je n'en n'avais plus des propres.J'ai déjà fait comme si je n'étais pas là lorsque quelqu'un venait frapper à ma porte à l'improviste. Pour ne pas ouvrir. Pour qu'on ne voit pas le bordel chez moi. Pour ne pas qu'on me voit en pyjama, pas lavée, pas coiffée.J'ai déjà trouvé des excuses auprès de mes amies pour qu'on ne se voit pas et qu'elles ne me voient pas comme ça.J'ai déjà dit que tout allait bien en souriant au travail alors que j'avais pleuré comme une madeleine de fatigue le matin même.Je me suis déjà arrêtée sur mon trajet en voiture, pour dormir juste un peu avant de rentrer à la maison.Je me suis souvent enflammée pour acheter des tonnes de fruits et légumes frais pour mes enfants, pour ensuite les laisser pourrir sur le plan de travail, dépassée par les journées intenses et difficiles à gérer.Ah, et aussi, j'oubliais souvent de couper les ongles de mes enfants et je m'en rendais compte quand les gens pouvaient potentiellement s'en rendre compte aussi. Mais tu sais quoi ? ça s'améliore avec le temps tout ça, je te le promets.Sauf peut-être pour le retard dans le linge me concernant : c'est ma plaie pour la vie !________________________________Moi, avec le recul, je me suis rendue compte d'un truc :Il faut souvent à l'être humain une poignée de mois pour s'adapter à une nouvelle situation. Avec un tout petit, impossible  de s'adapter en quelques mois : rien n'est pareil. Tout se modifie au fil des jours. Et il faut sans cesse se réadapter. C'est ça qui rajoute de la difficulté au fait d'apprendre un nouveau rôle et de faire connaissance avec soi-même.Il m'a donc fallu 4 longues années et deux enfants pour comprendre qui j'étais. Quelle mère j'étais. Pour avoir confiance en moi, en mes croyances. Pour comprendre ce que je pouvais apporter à mes enfants.J'ai mis 4 ans à me découvrir, à faire ma connaissance, à m'accepter et à m'aimer en tant que maman. A savoir instaurer des routines qui me conviennent. A mieux connaître mes atouts de mère, mes limites, mes envies.Mais c'est parce qu'en fait, j'ai mis 4 ans à me construire en tant que maman. C'était long, c'était sinueux parfois (et magnifiquement puissant le reste du temps.) Mais je n'ai pas eu de modèle et je trouve que je ne m'en sors pas trop mal finalement. Enfin, c'est ce que me dit mon mari. Alors, mieux vaut tard que jamais non ?J'ai mis 4 ans à façonner la maman que je suis aujourd'hui,et tu sais, j'ai enfin compris que chaque maman grandit en même temps que ses enfants, à vie.

  • CHÈRE JOLIE GRANDE SŒUR
    par Cicie le 16/05/2019

    Ma grande fille,Te voilà depuis quelques semaines avec un tout nouveau rôle : tu es devenue grande sœur. D'après ce que je peux déjà observer, tu te débrouilles comme une chef.Mais ne t'inquiète pas mon amour, je n'idéalise rien et je suis consciente que ce nouveau statut puisse être également compliqué à vivre pour toi. Sache que je serai là pour t'aider à surmonter les petites et grandes difficultés que tu pourras rencontrer avec cette nouvelle place.Tu sais, avec l'arrivée de ton petit frère, j'ai toujours cette crainte que tu te sentes délaissée et que tu lui en veuilles à lui, d'être là. J'essaie de faire attention mon amour, mais malheureusement, je sais d'avance que parfois, je ne pourrai rien y faire : je ne peux pas me dédoubler, et il a tout autant besoin de moi que tu en avais besoin à son âge.Oui, j'aimerais que tu comprennes, du haut de tes trois toutes petites années de vie, que tu nous as eus, ton père et moi, pour toi seule jusqu'à sa naissance. Et que ton frère n'aura malheureusement jamais toute l'attention que tu as pu avoir pendant ces années de qualité. Alors ne lui en veux pas trop s'il te plait.Oh mon amour,J'espère secrètement que vous développerez une relation puissante, respectueuse, inaltérable entre vous.J'espère que vous vous protégerez l'un et l'autre plus tard. Que vous prendrez soin l'un de l'autre.J'espère que vous aurez le réflexe de vous tourner l'un vers l'autre pour vous entraider si vous avez des ennuis.Ce que je vois aujourd'hui me semble prometteur. Et je m'engage à entretenir aussi fort que je le peux cette jolie relation naissante entre vous. Afin qu'ensuite vous puissiez l'entretenir vous même à votre tour, quand vous en aurez la capacité, et si vous le voulez.Oui, Si vous le voulez bien sûr.En effet, notre travail, à Papa et moi, c'est de planter des petites graines de complicité entre vous pour qu'elles germent un jour. Mais si elles ne germent pas, et cela arrive parfois dans certaines familles, rien ne sert de s'acharner. Vous n'avez aucune obligation de vous donner des nouvelles régulièrement, de vous inviter l'un l'autre ou que sais-je encore. Faites le simplement si vous en avez envie. J'ai l'espoir que ce soit le cas, mais ne culpabilisez surtout pas si cela ne se vérifie pas. Vous n'êtes absolument pas obligés de vous aimer et vous ne vous devez rien si vous n'en n'avez pas envie. Je ne veux surtout pas que vous culpabilisiez si jamais cela ne fonctionne pas entre vous. Cela arrive.Et en attendant que vous soyez plus grands, je plante, avec l'aide de votre papa, ces fameuses petites graines de complicité chaque jour : Dormez ensemble dans le même lit si cela vous chante. Moi je ne vous en empêcherai pas et je vous borderai tendrement le soir avant d'aller me coucher.Racontez-vous des histoires et des secrets, je n'écouterai rien. Cela restera entre vous.Surtout, respectez chacun l'intimité de l'autre. Qu'elle soit représentée par une boite à trésors, un carnet intime ou que sais-je encore. C'est important, ce petit jardin secret que chacun possède et nourrit. Chamaillez-vous : c'est indispensable entre frère et sœur. J'interviendrai seulement si je sens que vous n'arrivez pas à résoudre votre problème seuls.Ne me répétez pas si l'un ou l'autre a fait une petite bêtise. Réparez ensemble ce qui peut être réparé. Et si ce n'est pas le cas, je ferai semblant de n'avoir rien vu, promis.En revanche, pour une très grosse bêtise qui vous met en danger, je veux bien le savoir. Promis, je ne vous gronderai pas. Je serai là pour vous protéger. Si vous vous fâchez, ne me demandez pas de choisir entre l'un ou l'autre, je ne pourrai pas. Et ce n'est pas parce que je suis d'accord avec l'un que j'aime moins mon autre enfant. Ne l'oubliez pas. Je terminerai cette lettre en vous promettant de ne jamais mettre de concurrence entre vous. Je ne vous comparerai pas car vous êtes, chacun, unique. Vous êtes incomparables de beauté.Ma puce, grâce à toi, nous avons, avec Papa, créé une famille.Grâce à ton frère, nous avons créé une fratrie.J'espère vous aider à créer de bien jolis souvenirs d'enfance.Votre maman qui vous aime.

  • WELCOME 2019 !
    par Cicie le 31/12/2018

    La fin d'année est là et il est déjà temps d'en accueillir une nouvelle. Comme un peu tout le monde, chaque année, je fais le bilan des 12 derniers mois écoulés. Et je me mets à imaginer l'année suivante, à réfléchir à ce que je veux et ce que je ne veux plus.  Hier, bloquée au lit par la fatigue, j'ai même fait un bilan des 4 dernières années. Les années clés de la vingtaine, comme on les appelle. Celles pendant lesquelles on fait souvent les choix les plus impactants de nos vies. Et j'ai compris pourquoi j'étais si fatiguée d'ailleurs : il y a eu tant d'évènements compliqués à gérer que d'émotions générées par les belles choses. Nos nerfs ont forcément été mis à rude épreuve, autant pour Monsieur que pour moi.  Quand je me sens bonne à rien comme aujourd'hui, fourrée sous une grosse couette au fond de mon lit, je veux pouvoir relire ces mots et me souvenir de tout le chemin parcouru avec ces joyeux moments mêlés aux plus difficiles. Parce que c'est ça la vie non ? __________________________________________________Dès 2013, il y a eu l'achat d'un premier appartement, l'accueil de deux chats à la maison pour signer notre nouvelle vie (vu les engins, ça mérite d'être précisé), après le décès de mon papa, un pacs, l'arrivée d'un premier enfant, un trouble de l'oralité à gérer pour notre bébé et une dépression post natale coriace qui s'en est suivie, liée à ce souci de santé chez ma fille. Puis il y a eu une longue période de chômage pour Monsieur qui n'a pas eu d'autre choix que de me prêter main forte pour assurer jour et nuit avec Coco, afin qu'elle mange correctement. Il y a aussi eu un beau mariage (pluvieux !) avec les préparatifs qui vont avec, un baptème, l'achat successif de 2 appartements que nous avons rénovés (un rêve d'enfant pour moi, une passion) et 4 déménagements. (Sur 12 à nous deux depuis 2010 tout de même ! ).  Et puis si je regarde de plus près l'année 2018, il y a aussi eu de belles péripéties professionnelles qui m'ont fait changer de cap de maintes fois, sans que je puisse finalement prévoir quoi que ce soit. Je suis aujourd'hui au bon endroit. Je me sens à ma place et cela fait du bien. Il y a de belles personnes entrées dans ma vie (Coucou Nono, coucou Annette, coucou Lolo !) par le travail, c'est un beau bonus ! En 2018, nous avons malheureusement eu aussi à gérer la perte d'un bébé en devenir qu'on aimait déjà tant. Cela nous a remués comme jamais nous ne l'avons été et bien plus que ce que nous pouvions l'imaginer. D'ailleurs, je ne crois pas qu'on puisse imaginer ça avant de le vivre. Il était si petit mais prenait déjà tant de place.  ‌Et puis cette année, il y a eu un tri nécessaire dans notre entourage : d'abord pour mon mari, qui ne voyait plus l'intérêt de poursuivre certaines relations ; et puis ensuite pour moi qui ai fini par me dire qu'il avait raison et qu'il ne fallait plus laisser place au doute à propos de relations qui ne m'intéressaient plus : elles étaient bel et bien terminées. Une copine de 40 ans m'avait d'ailleurs dit un jour que cela se ferait de toutes les manières. Le tri des 30 ans paraît-il. Celui qui se fait lorsque vous passez de grands caps. Il y en a eu avant, il y en a eu cette année et il y en aura encore tout au long de notre vie. C'est comme ça ! ‌Cette année, j'ai également été prise en charge par une psychologue spécialisée dans les adultes zèbres (enfin ! Mieux vaut tard que jamais) et j'ai enfin obtenu des réponses à certains handicaps de la vie courante que ce profil particulier peut générer chez moi. Cela m'a forcément demandé un investissement en temps et en argent (j'ai clairement raqué cette année, oui.) mais j'ai tellement grandi et cela a tant changé ma vie au quotidien que je ne regrette pas. Cela m'a beaucoup éclairée, tant dans mes relations avec les autres qu'avec moi même. Si vous êtes zèbre et que vous n'avez pas encore été suivi(e), je vous conseille vivement de le faire quand vous en aurez les moyens et le temps. Mon seul regret est de ne pas l'avoir fait avant, tant ce fut la révélation pour moi. Je sais beaucoup mieux où je veux aller dans la vie, ce qui m'intéresse et ce qui ne m'intéresse pas/plus. J'ai appris à dire non et à ne plus culpabiliser : je m'écoute mieux et ne me force plus pour faire plaisir à autrui lorsque cela me coûte. Ce n'est pas encore parfait mais j'y suis presque.  ‌______________________________________________________________Et pour 2019 ?  ‌Pour 2019 , nous aurons, parmi les grandes étapes : la vente de l'appartement dans lequel nous vivons à gérer, et puis la construction d'une maison à suivre, qui a commencé. Celle où nous continuerons à créer tous nos souvenirs de famille. Il y aura aussi, encore un déménagement, histoire de ne pas perdre les bonnes habitudes ! (HUMOUR parce que je meurs d'avance rien qu'en y pensant). Après plusieurs années sans vacances, je crois que nous allons aussi programmer quelques séjours en famille au soleil tout au long du calendrier. Nous devons aussi mettre en place encore quelques projets immobiliers qui me permettraient d'accomplir mon rêve de toujours dans la rénovation ; mais ça, on commencera à y penser en fin d'année 2019. En attendant, histoire de ne pas trop nous ennuyer en début d'année et pour apaiser un peu notre plus grande peine de 2018, la vie nous a offert un très beau cadeau : un bébé en bonne santé arrive pour notre plus grand bonheur et celui de notre fille.  2019, viens vite s'il te plaît, nous avons déjà hâte de t'accueillir.

  • LÂCHER PRISE
    par Cicie le 18/11/2017

    Une barrette dans ses cheveux sans nœuds, un visage propre, des vêtements sans tâches : avoir mon enfant soignée du matin jusqu'au soir est ma manière à moi de prouver aux autres que je m'occupe bien d'elle. Je n'y peux rien, j'en ai besoin. Cela me rassure. C'est idiot me direz-vous, mais c'est comme ça. Pour l'éducation, je suis comme la plupart des mamans : je souhaite Coco obéissante lorsque je veux qu'elle fasse quelque chose.Aaaaah, qui ne veut pas paraitre telle une maman parfaite aux yeux des autres ?Je pensais vraiment y arriver les doigts dans le nez lorsque j'étais nullipare. Faut dire qu'en général, Persévérance est presque mon deuxième prénom ; alors c'était impensable pour moi qu'un enfant puisse prendre le dessus sur moi et me tienne par le bout du nez.Et pouf, Coco est née.Pour réussir à lui faire faire quelque chose lorsqu'elle n'est pas décidée, c'est le parcours du combattant. D'ailleurs, qu'on se le dise : Persévérance aurait pu être son PREMIER prénom.Il y a eu une période ou tout, tout, tout était compliqué. L'habiller prenait 45 minutes. La coucher était  une étape plus que compliquée le soir.  Nous étions confrontés à une petite fille très difficile et mon moral était mis à rude épreuve. C'était cet été.Et puis fin août, il s'est passé un truc :.................................................................................Mademoiselle Terreur ne voulait pas dormir depuis trois jours. Ni en journée, ni la nuit. Et pour m'achever, elle me disait non à tout et n'importe quoi. Que vivent les colères, les roulades d'intimidation et les coups de pied ! Dès que je voulais la changer, la coucher ou même l'embrasser, elle avait la main leste. Et c'était vraiment trop pour moi. (J'ai foiré un concours et je me mariais dans quelques semaines, mais sinon tout allait bien niveau anxiété !)Alors le troisième jour, lorsqu'elle a refusé de faire la sieste encore une fois pour mieux retourner l'appartement, j'ai craqué.J'ai fondu en larmes un bon coup. Puis j'ai pris Coco sous le bras (Dois-je préciser qu'elle se débattait autant qu'elle le pouvait en hurlant ?). Je l'ai mise dans la voiture de force. Et j'ai pris la route pour aller chez ma copine.Oui, mon plan c'était simplement de lui confier ma fille pour dormir ne serait-ce que 30 minutes dans son canapé. Je ne demandais rien d'autre ! Et bien, peu après avoir démarré, je me suis faite arrêter par la police."Madame, vous étiez en excès de vitesse. Vos papiers s'il vous plait."J'étais en tongs, sans papiers, avec ma fille en body et chaussons derrière, fraichement sortie du lit dans lequel elle avait décrété ne pas vouloir faire la sieste, qui, de surcroit, avait retiré sa ceinture de sécurité dans le siège auto.Pendant que le policier vérifiait mon identité sur son ordinateur, grâce à ma carte bleue (On fait avec ce qu'on a hein !) j'ai appelé Monsieur. Et j'ai éclaté en sanglots, encore. Je lui ai dit que j'étais désolée, que je m'étais faite arrêter avec sa voiture et que j'allais avoir une amende et un point en moins. Le policier a eu tellement de peine pour moi qu'il s'est approché, a toqué timidement à la vitre et m'a dit qu'il n'allait pas me verbaliser. Il m'a laissée reprendre la route pour aller me reposer.Et juste avant que je remonte ma vitre, il s'est retourné et m'a dit " Au fait !..."(J'avais peur qu'il ait vu que j'étais en tongs.)"...N'oubliez pas, vous êtes une super maman qui fait comme elle peut !"(Ouf !).................................................................................Cette anecdote m'a beaucoup marquée.Je ne veux plus rencontrer ce policier pour excès de vitesse. Je ne veux pas le décevoir.Alors depuis, je lâche souvent prise lorsque je sens que je suis trop fatiguée. Quelques jours après cet épisode, j'ai laissé ma fille se salir de la tête aux pieds. Passée la frustration de ne rien pouvoir contrôler et la peur du regard de l'autre, je dois dire aujourd'hui...que ça fait sacrément du bien ! Si j'avais su avant comme cela pouvait être aussi bon, je l'aurais fait bien plus tôt. Si vous passez par là dans mes moments de lâcher-prise et que vous l'enlacez, vous pourrez apprécier ses petits doigts tout collants sur votre peau, qui sentent le biscuit grignoté dans l'après-midi et tombé trente fois par terre. Vous la verrez arracher sa barrette de sa tête et la balancer, et je ne serai pas derrière à courir après pour la remettre. Je la laisserai même avec tous ses nœuds dans les cheveux. Elle aura le dessous des chaussettes noires de chez noires. Sa bouche portera sûrement les derniers vestiges du goûter. Et pour venir se promener avec vous, elle enfilera ses baskets à paillettes préférées de tous les temps, qui ne vont absolument pas avec sa jolie robe.Dans ces moments là, il n'y a plus de NON. Ni de son côté, ni du mien. Et comme c'est bon !Et quand elle fait de grosses colères ? Et bien, si je n'arrive pas à la raisonner, je la laisse dans son coin et je vais siroter un coca-cola avec un magazine, sans culpabilité, aucune !Et en bonus, lorsque je le peux, je prends le temps de la laisser prendre le temps. Il n'y a plus de "Allez ma puce ! On doit y aller, on va être en retard !". Sur le chemin du retour à la maison,  je la laisse discuter avec mon vieux voisin de 90 ans et pointer du doigt toutes les plantes de son jardin.je la laisse ensuite sauter dans les flaques d'eau en bas de chez nous pour voir l'effet que ça fait. Et enfin je la laisse monter et descendre cent fois les trois marches devant la porte d'entrée.Pendant ce temps, moi, je m'assois dans un coin et je l'observe grandir... jusqu'à ce que le rythme fou reprenne !

  • APPELEZ-MOI MADAME CIBOULETTE
    par Cicie le 04/11/2017

    Il y a quelques mois,Monsieur et moi nous sommes mariés, pour le plus grand bonheur de nos proches (et le nôtre !).J'ai adoré regarder les photos des autres mariés sur internet pour m'inspirer, Je souhaite donc aujourd'hui partager quelques photos de ce jour particulier. Cela me permet aussi de conserver en ligne ces jolis souvenirs et de les faire (re)vivre !Je souhaite aussi, par ce support qu'est mon blog, remercier les prestataires qui ont fait de ce jour, un jour inoubliable pour nous. Et puis, si cet article peut faire découvrir aux bretons ces personnes passionnées, alors j'aurai tout gagné. Tous les professionnels ont été choisis avec cœur parmi d'autres, et rien, absolument rien de ce mariage n'a été sponsorisé. Promis, juré, craché !Notre photographe a fait de magnifiques photos (plus de 500 !) mais je ne partage avec vous que les photos de Monsieur & moi, ainsi que quelques photos de notre fille. Je ne souhaite pas que nos invités apparaissent sur un support dont ils ne connaissent, pour la plupart, pas l'existence : je respecte totalement le droit à l'image de nos proches, comme ils respectent le nôtre.En effet,  pour notre mariage, nous avions glissé dans chaque livret de messe un petit message pour expliquer que nous souhaitions contrôler notre image et que de ce fait, nous ne souhaitions pas qu'ils diffusent eux même des photos de notre jour J sur les réseaux sociaux. C'est notre manière à nous d'avoir la main sur ce qui nous concerne en ligne et c'est ce qui nous parait être la meilleure formule. Tout le monde a respecté notre souhait !Nous nous sommes mariés à la mairie et à l'église. Je partage avec vous les photos de l'église qui sont, selon moi, les plus importantes.Nous nous sommes mariés religieusement à Fougères, une ville dont nous sommes tombés amoureux il y a quelques années. Nous avons eu la chance de pouvoir recevoir nos invités pour le cocktail au Château du Bois Guy, qui est un lieu de rêve tout près de Fougères : un château que les deux propriétaires rénovent avec goût. De plus, le château compte de nombreuses chambres et cela nous a beaucoup séduits : une grande partie de nos invités pouvait dormir sur place. Pratique quand on vient de loin ! Nous avons économisé deux ans pour nous offrir ce lieu magnifique, et les parents de Monsieur nous ont beaucoup aidés. C'est une somme, mais cela valait tellement le coup : ce sont de grands professionnels ! Nous avons malheureusement eu de la pluie pour notre mariage, mais nous avons eu tout de même un cocktail parfait  car les serveurs s'étaient chargés de tout installer dans les salles de réception du domaine.  Aucun stress pour moi de ce côté là du coup ! Le repas du soir était délicieux et a comblé nos proches. Pari réussi pour nous !Je souhaitais remercier Johanne, chargée de tout ce qui concerne les mariages au château, pour sa patience, sa gentillesse et sa disponibilité. Pendant les préparatifs, elle avait toujours une solution pour tout, c'était très rassurant. Pour le passage à la mairie ainsi que pour la cérémonie religieuse à l'église, je me suis faite coiffer par Priscilla, qui tient le salon Fouge'Hair juste à côté de l'église. Son petit salon est chaleureux, ses mains sont en or. Je suis pourtant très difficile quand il s'agit de mes cheveux. Avant l'église, Priscilla s'est déplacée jusqu'au Château pour me coiffer, où nous nous préparions avec mes témoins et demoiselles d'honneur. Mes deux chignons n'ont eu que des compliments ! (J'avais une robe et un chignon différents pour la mairie) Egalement, j'avais fait le choix d'offrir des couronnes de fleurs à mes témoins et demoiselles d'honneur, plutôt que les traditionnels bouquets. Priscilla n'a pas hésité à fixer les couronnes dans leurs cheveux pour qu'elles tiennent bien. Trop sympa ! Nous avons passé un très bon moment ensemble. Je me suis faite maquiller chez Elle pour Elles, tout près de l'église également, et en face du salon de coiffure. C'était parfait ! Naturel et lumineux !Concernant les fleurs, mon budget a été divisé par deux avec Happy Fleurs. C'est très simple : les fleuristes qui avaient pignon sur rue étaient juste hors budget pour moi. Je m'étais faite à l'idée d'avoir des fleurs un peu moins belles mais surtout un peu moins chères pour respecter mon enveloppe. Je me suis donc tournée vers cette enseigne Low Cost. Finalement, quelle surprise ! Les fleurs étaient magnifiques ! Le bouquet était comme je le voulais et les couronnes de fleurs étaient bien garnies. Vous l'aurez compris, je ne regrette absolument pas mon choix. Enfin, je garde le meilleur pour la fin : notre photographe ! J'ai trouvé Laetitia de Lettyris sur Facebook. Je recherchais un style photographique très particulier : de la douceur, du naturel, la beauté du détail. Avec Laetitia, j'ai trouvé ce que je voulais, et même plus : Un feeling super et des tarifs vraiment, vraiment abordables, qui n'empiètent pas sur la qualité ! Une pépite. Elle n'a pas arrêté une seconde et est restée jusqu'à l'ouverture de bal. Nous avons eu de la pluie (beaucoup !) et tous nos plans photo ont été malheureusement chamboulés. Elle a donc couru un peu partout pour que nous ayons tout de même de jolis souvenirs. Elle a vraiment bien travaillé car cela ne se voit absolument pas sur nos photos. Clin d'œil de la nature, nous avons eu un superbe arc-en-ciel au moment du shooting en couple, que Laetitia a su immortaliser. Cela nous permettra de nous souvenir qu'il a bien plu comme il fallait pour ce jour J ! Hahaha. Je ne regrette tellement pas mon choix lorsque je regarde les 500 photos du mariage qu'elle nous a livrées ! Quelle chance nous avons de l'avoir trouvée. Laetitia, nous nous reverrons pour d'autres shootings ! Merci pour ces merveilleux moments capturés, qui nous permettront de vivre et revivre ces instants.PS : Fait rare, pour une fois, je suis assez fière de moi. Je voulais absolument m'occuper de toute la décoration et fabriquer maison les cadeaux des invités ( des petits pots de caramel beurre salé qui servaient de marque-place). J'ai aussi créé toute la papeterie de notre mariage, du faire-part, en passant par les livrets de messe et en terminant par le menu. J'ai trouvé l'ensemble vraiment harmonieux, quel soulagement ! Si je pouvais me parler à moi même, je me féliciterais donc ;) 

  • JOYEUSES PÂQUES !
    par Cicie le 16/04/2017

    Je suis complètement absente depuis plusieurs semaines,mais j'ai beaucoup à faire ces temps-ci.Je passe néanmoins ici vous souhaiter un très bon weekend de Pâques avec une vidéo souvenir de chez nous.J'espère qu'elle vous plaira autant qu'à moi. J'espère que vous sourirez autant que moi !

  • LE TROUBLE DE L'ORALITÉ CHEZ MON ENFANT
    par Cicie le 30/01/2017

    Ma fille présente ce qu'on appelle, parmi de nombreux autres termes, UN TROUBLE DE L'ORALITÉ ALIMENTAIREVoilà  plusieurs mois que je m'adapte quotidiennement à cette particularité.Qu'est ce que c'est ? Comment vivre avec ? Quelles solutions existent ?Voici mon expérience personnelle sur ce sujet qui, je l'espère, vous informera afin d'éviter de réelles complications. En effet, ce trouble chez le très jeune enfant est encore trop peu connu et cela est dommageable, tant pour l'enfant qui en souffre que pour ses parents. Si cela peut-être évité ou pris en charge le plus tôt possible, c'est formidable !Ce n'est pas la fin du monde, mais comme pour tout, il suffit d'être informé, soutenu et de savoir comment faire pour savoir le gérer au mieux au quotidien.Allez, venez, je vous explique ce que j'ai appris ! (attention, c'est peut-être un peu long) Qu'est-ce que le trouble de l'oralité ? Le trouble de l'oralité se développe souvent chez les enfants prématurés et les autistes, mais il existe également chez les enfants tout à fait normaux comme la mienne : elle est née à terme et se développe de manière normale.Pour faire très simple, ce problème est lié à une hypersensibilité dans la bouche qui peut s'étendre jusqu'au visage de l'enfant et même parfois s'étendre plus largement sur le corps.Tout contact avec cette partie sensible est insupportable pour l'enfant. Il ne supporte pas qu'on la touche ou que des objets inconnus rentrent en contact avec cet endroit. (Certains enfants hurlent lorsqu'on leur touche les joues par exemple ! ).Cette hypersensibilité est accompagnée d'un réflexe nauséeux : une envie de vomir voire le déclenchement de vomissement. Ce réflexe est plus ou moins important au contact de corps étrangers. (aliments, cuillère, doigt d'une personne tierce ou même le propre doigt de l'enfant)Mon bébé présente un trouble de l'oralité qui s'était étendu jusqu'autour de la bouche. Lorsqu'une cuillère touchait le bord de ses lèvres, il vomissait tout de suite. Pour mieux vous rendre compte de sa détresse, il faut savoir que chez l'adulte, le réflexe nauséeux est au fond de la gorge (Un adulte, pour se faire vomir, doit mettre ses doigts tout au fond de la gorge). Imaginez si plusieurs fois par jour, on vous mettait le doigt au fond de la gorge : tout bonnement insupportable !Les deux seules choses acceptées par mon enfant dans sa bouche étaient Alfred (fidèle doudou), et mon sein. Ses propres doigts la dégoutaient et lui donnaient des hauts de cœur.Les enfants présentant ce type de trouble n'arrivent donc pas à s'alimenter correctement. Ils ne sont pas difficiles à table, comme de nombreuses personnes peuvent le penser ou le dire à tort. Ce n'est pas que ces enfants ne veulent pas manger, c'est qu'ils ne peuvent malheureusement pas le faire : c'est insupportable pour eux d'avoir constamment des hauts de cœur. Contrairement à la majorité des bébés, manger, mettre à la bouche n'est pas un immense plaisir (coucou Freud et le stade oral !), mais une énorme contrainte !Il y a également tout un aspect psychologique du trouble à ne pas mettre de côté : ces enfants développent souvent une angoisse, parfois une phobie de tout ce qui est lié à l'alimentation. Ma fille, par exemple, pleurait toutes les larmes de son corps dès qu'elle nous voyait arriver avec une cuillère et un bavoir. Elle hurlait lorsque nous l'asseyions dans sa chaise haute. Que c'était difficile ! Les symptômes chez ma fillePendant que mes copines de maternité diversifiaient leurs enfants à coup de grandes cuillères de purée, de soupe, de yaourt avec des goûts et des textures variées, moi, je n'arrivais pas à faire avaler ne serait-ce que 2 cuillères de purée de carotte à mon enfant sans qu'elle vomisse. C'était lorsqu'elle avait 5 mois.J'ai tout testé : tous les petits pots, donnés de toutes les manières possibles, avec tous les types de cuillères, à tous les horaires imaginables. Je n'ai essuyé que des échecs et me suis beaucoup remise en question. Alors que j'avais besoin de soutien, certains m'ont gentiment fait des reproches, me tenant responsable de la situation : lorsque ce n'était pas parce que j'angoissais pour rien, c'était, selon eux, parce que je faisais mal, parce que ce que je proposais à manger n'était pas assez bon, ou parce que j'avais allaité trop longtemps.----Chère maman qui me lit, permets moi de te tutoyer. Sache que tu n'es pas responsable de cette situation, si ton enfant développe ce trouble. Et si tu allaites, ton choix d'allaiter n'a pas déclenché ce problème. Ce sont deux choses bien distinctes. Les gens sont ignorants, et parlent sans savoir. Ils sont donc idiots. Les spécialistes que j'ai côtoyés m'ont expliqué que mon allaitement n'était non seulement pas la cause de ce trouble, mais qu'en plus, heureusement qu'il était en place : si cela n'avait pas été le cas, mon enfant aurait été hospitalisée très rapidement après la naissance pour être nourrie par sonde. Je suis maintenant heureuse de répondre aux maladroits ou aux idiots que, grâce à mes seins, j'ai plutôt évité le pire : l'anorexie chez mon nouveau-né. Ton allaitement n'en est pas la cause, mais en plus, c'est le seul qui peut parfois l'aider à s'en sortir jusqu'à ce que la situation s'améliore. Tu lui apportes les nutriments nécessaires à son développement le temps que tout se tasse et que l'alimentation solide prenne le relais. Ce que tu fais est parfait ! Certaines mamans n'ont pas la possibilité d'avoir cette alternative !----Face à mes échecs en diversification, Coco est restée allaitée exclusivement au sein un bon moment... Mais cela n'a pas été si simple ! Je me suis confrontée à un problème de taille : mon bébé a voulu se sevrer tout seul autour de 8 mois, au moment où la situation était la plus compliquée car elle n'acceptait rien d'autre. Je me suis retrouvée dans une très grande détresse. J'ai demandé un rendez-vous chez la pédiatre. Nous avons constaté une cassure nette sur la courbe de poids/croissance de mademoiselle et le refus de Coco de prendre le sein. La situation était difficile. J'ai compris ce qui m'arrivait lorsqu'elle m'a dit : " Vous travaillez actuellement ? Parce que si c'est le cas, il va falloir vous faire arrêter. La priorité aujourd'hui, c'est de proposer le sein à votre fille au maximum." Le diagnostic était tombé. Ni une, ni deux, nous avons été envoyés, Coline, son papa et moi en urgence chez une kinésithérapeute ayant été formée à ce type de comportement. Parmi les symptômes facilement détectables mis à plat pendant notre première consultation avec elle, nous avons évoqué, par exemple, ces points que l'on retrouve chez tous ces enfants, avec plus ou moins d'importance : Mon enfant ne portait rien à la bouche. Ni ses doigts, ni ses jouets, mis à part Alfred, son doudou.Dès que la cuillère s'approchait de sa bouche, elle serrait la mâchoire : impossible de rentrer !La mettre au sein était une contrainte : jouer était plus intéressant pour elle.Le toucher est extrêmement développé chez elle et toucher quelque chose de mou et tiède la répugne : impossible de toucher un bout de carotte cuit par exemple, sans qu'elle ait des frissons, qu'elle grimace et qu'elle le rejette avec dégoût.  Elle était également très sensible à l'odeur des aliments.Elle ne supporte que les textures extra-lisses en bouche : si elle tombe sur un morceau, même minuscule, elle vomit.Elle avait aussi une position du corps qui était incorrecte : trop en extension.Elle ne faisait toujours pas ses nuits ( et ne les fait toujours pas !), et dormait vraiment très peu en journée, préférant aller explorer le monde.Pourquoi ce trouble est dommageable pour l'enfant s'il n'est pas pris en charge ? Dans les phases difficiles par lesquelles nous sommes passées, (on appelle ces phases des "grèves de la faim" à la maison, c'est pour vous dire) il faut savoir que j'ai eu à proposer le sein toutes les 1 heure 30, jours et nuits, à mon enfant, pour être sure qu'elle ait un minimum d'apports. Elle me rejetait souvent mais lorsqu'elle acceptait de prendre un peu, c'était un grand soulagement ! C'était des phases dures pour Monsieur et moi. Nous étions dégommés de fatigue. Malgré la réalité de la situation, je me suis confrontée à de nombreux propos du genre : "Ce n'est pas bien grave, mon enfant aussi a été compliqué et tout va mieux maintenant."J'admets que je ne suis pas très à l'aise avec ce genre de parole. Peut-être que cet enfant avait ce trouble, qu'il n'a malheureusement pas été diagnostiqué à l'époque et que cela a une incidence sur sa vie sans que le lien soit forcément établi. Qui sait ?Ici, nous avons de la chance : nous savons pourquoi Coco ne mange pas. Selon moi, nous serions irresponsables de ne pas réagir en conséquence. Pourquoi nous en priver ?Un enfant qui ne s'alimente que peu n'a bien évidemment pas les apports nécessaires à la bonne construction de son corps (cerveau, os, organes qui ne sont naturellement pas arrivés à maturité)Voici quelques exemples de conséquences possibles d'un tel trouble chez l'enfant :À court terme, avec l'hiver arrivant, l'enfant plus fragile, plus fatigué peut potentiellement attraper facilement tous les joyeux microbes qui trainent dans les parages. Il y a encore quelques mois, ma fille était plus fragile que d'autres parce que très fatiguée. Si elle avaient attrapé une gastro entérite, je sais exactement ce qui m'attendait : une hospitalisation pour qu'elle soit alimentée par sonde naso-gastrique. Elle avait déjà le gabarit d'une crevette, son poids stagnait, alors si en plus elle avait vomi le peu de nourriture ingérée, cela aurait été très, très compliqué. À moyen et long terme : ce type d'enfant peut se faire plus facilement des fractures dans l'enfance ou l'âge adulte. Il peut d'ailleurs s'en faire à répétition parce que les os ne sont pas assez solides. La kinésithérapeute qui suit ma fille disait en voir un régulièrement pour fractures. Dans les petites choses embêtantes, il est intéressant de savoir que ce type d'enfant peut présenter une taille plus petite que prévue à l'origine à cause de cet état de malnutrition : à la maison, nous ne sommes pas des géants. Je sais que ma fille sera petite. Mais alors, lorsqu'elle a commencé à perdre du poids et à ne plus grandir du tout, au moment où elle était sensée décoller sur les courbes de poids/croissance, j'étais contrariée. J'espère qu'elle rattrapera ce petit retard de croissance en mangeant beaucoup mieux à l'avenir. Je ne voudrais pas qu'elle fasse 1m40. (Je mesure 1m56 et c'est déjà limite !). Elle a presque 11 mois mais porte encore du 6 mois.Fort heureusement, le périmètre crânien de Coline continuait à croître normalement pendant ce temps : cela signifie que son corps utilisait le peu d'apports alimentaires qu'il avait pour prioriser le développement de son cerveau. La nature est bien faite !Il est possible d'évoquer également les potentiels déficits de concentration, plus ou moins importants, dans la vie ( très embêtant à l'école !) ou encore la très probable apparition de phobies alimentaires ou autres troubles du comportement.Il y a aussi la question du langage : ces enfants là ne font pas fonctionner leur langue correctement et ont parfois du mal à prononcer les syllabes, et donc les mots correctement.Les carences diverses peuvent certainement entrainer d'autres soucis dont je n'ai pas connaissance à l'heure actuelle. Un suivi et un régime alimentaire particulier Il est important que ces enfants soient suivis au plus vite par un kinésithérapeute ou un orthophoniste formé à ce type de trouble. Certains ne le sont pas, et c'est important de bien faire son choix pour voir de réels progrès !Coco a été suivie toutes les semaines pendant longtemps. Aujourd'hui, elle est suivie une fois par mois seulement car la situation s'est très nettement améliorée !Le spécialiste pratique une rééducation orale à l'aide de stimulations et de massages. Cela permet de rendre la zone de la bouche moins sensible, d'habituer l'enfant à avoir un corps étranger dans la bouche et donc de diminuer son réflexe de vouloir vomir automatiquement. La rééducation continue à la maison : Monsieur et moi devons pratiquer des massages plusieurs fois par jour dans la bouche de notre fille. Sous conseil de la kiné, nous avons mis au placard tous les petits pots achetés : pendant de longues semaines, nous avons proposé à Coco des fromages blancs rayon laitage, à la vanille. Cela a été magique ! C'était la seule chose qu'elle acceptait, en dehors de mon sein. Lorsqu'elle a commencé à être à l'aise, nous avons essayé d'introduire de nouvelles saveurs par "ponts", toujours dans le sucré :Premier pont : le pont vanille-compote. Beaucoup de vanille et un tout petit peu de compote pomme-vanille le premier jour. Un peu moins de vanille et un peu plus de compote le deuxième jour.  Encore un peu moins de vanille et un peu plus de compote le troisième jour. Etc. Second pont : le pont vanille-carotte, sur le même système. En parallèle , afin de l'aider à toucher avec plaisir, nous avons investi dans de nombreux livres à textures, et l'encourageons à découvrir diverses mixtures avec les mains, dans un cadre ludique (on met une blouse et on patouille dans la soupe, les légumes bien cuits, l'eau etc. !)Se crisper à l'arrivée de la cuillère était devenu un réflexe chez ma fille.  Pour qu'elle associe le repas toujours à un moment de plaisir, pour qu'elle détende la mâchoire et me laisse un accès à sa langue, je fais souvent la zouave ou lui autorise un jouet dans les mains lorsqu'elle mange. Elle se décrispe aussitôt et m'autorise à enfourner ma cuillère ! La personne qui nous suit m'a expliqué que tout sera un peu compliqué jusqu'à l'âge de 7 ans. Ensuite, ce genre d'enfant a le palais très fin et aime les bons plats. (Pas de coquillettes saucisses visiblement : ces enfants sont des gourmets plutôt que des gourmands ! )Une histoire de confianceCoco me fait 100% confiance et c'est très important dans ce genre de situation. Avant de lui faire goûter une nouveauté, nous avons un code toutes les deux : j'en dépose un peu sur ses lèvres. Si elle n'aime pas après deux essais, je n'insiste pas. Je ne la force surtout pas. Ce qui doit rentrer dans sa bouche doit être bien connu. L'inconnu alimentaire angoisse ces enfants.Non, je ne peux pas cacher quelque chose et la prendre en traitre.Lorsque je vous parlais du "pont carotte" ci-dessus, je fais le mélange devant elle et je lui en dépose un peu sur les lèvres.Je ne profite pas du moment où elle ouvre la bouche de bon coeur pour lui enfourner une cuillère d'autre chose sans la prévenir, ou une cuillère de ce qu'elle aime avec autre chose fourré dedans.Les conséquences de ce genre de blague seraient désastreuses : la confiance perdue, elle se méfierait de tout et cela se terminerait par une grève de la faim.Il ne faut surtout JAMAIS forcer ces enfants à manger.N'écoutez pas les autres ! N'écoutez pas les bêtises que j'ai pu entendre : "Un enfant ne se laisse pas mourrir de faim, tu t'inquiètes pour rien". Je vous assure que cette phrase est complètement fausse. A partir du moment où cela ne tient pas d'un caprice mais d'une impossibilité à garder quelque chose en bouche, mon enfant est, bien sûr, capable de se priver jusqu'à faire un malaise. Véridique !"Mais il a l'air d'aller bien, il est souriant, je pense que tu stresses inutilement, il n'a pas l'air de mourir de faim".   À quel prix pour les parents ? On est souvent loin de s'imaginer ce qui se trame à la maison. Ces personnes ne savent pas qu'on passe notre journée à table, à proposer à manger à notre bambin en grève de la faim. Elles ne savent pas que notre vie tourne un long moment autour de l'alimentation,  qu'on passe notre temps à leur proposer de manger par peur qu'ils n'aient pas assez. Il m'est déjà arrivé de rétorquer : "Est-il nécessaire d'attendre que ma fille soit anorexique pour daigner réagir ?". Vous pouvez essayer, c'est efficace comme réponse quand on est fatigué de devoir se justifier ! Il faut savoir que de nombreux professionnels de la petite enfance méconnaissent cette particularité.J'ai été confrontée au personnel de la petite enfance qui ne me prenait pas au sérieux lorsque je lui expliquais que j'étais anxieuse concernant l'alimentation de Coco. C'est difficile pour eux, ils ont l'impression que leurs compétences sont remises en cause. Même s'ils sont très compétents, ils ne vivent pas avec vous à la maison. Si vous sentez que quelque chose cloche, insistez auprès de votre médecin ! Vous savez mieux que personne ce qui ne va pas !Où en sommes nous aujourd'hui ?Aujourd'hui, il nous est toujours impossible de lui faire goûter des textures qui ne soient pas extra lisses. Néanmoins, depuis deux mois maintenant, nous vivons une petite révolution à la maison (danse de la joie et moonwalk ! ) :Elle accepte de manger les soupes de la gamme Liebig au kiri. Nous pouvons donc varier entre les 3 types de veloutés de la gamme. Elle accepte les produits laitiers (sans morceaux) et la compote pomme/vanille. il arrive qu'elle vomisse encore souvent les compotes mais n'est pas fermée à l'idée d'en manger lorsque nous lui en présentons une cuillère.Elle met des objets étrangers à la bouche, chose qui n'arrivait jamais avant. J'apprends donc un peu plus tard que les autres mamans à touuuuuut ranger, à ne rien laisser trainer.Elle ne pleure plus d'angoisse lorsqu'on la met dans une chaise haute, qu'on lui enfile le bavoir ou qu'on approche la cuillère.Elle commence tout juste à accepter le biberon. Pour nous c'est une grande victoire !Il arrive encore qu'elle refuse de manger à certains repas (lorsqu'il y a une sortie de dent, un rhume etc.) mais je n'ai plus cette peur de ne pas réussir à l'alimenter. Tout ne dépend plus uniquement de mon allaitement.Elle peut enfin être gardée la journée complète par une tierce personne. Coco va donc chez la nounou en semaine. Nous fournissons ses repas (soupe liebig au kiri, laitage et compote). Si elle souhaite lui faire goûter un nouvel élément, je l'y autorise à condition qu'elle utilise le même code que moi : un élément nouveau est d'abord déposé sur le bout des lèvres de ma fille. Si elle fait la grimace au bout de deux dépôts, elle n'insiste pas. Elle n'introduit jamais plus d'un élément nouveau par semaine.J'espère vous avoir appris quelque chose avec cet article, il me tenait à cœur.Je tire ici mon chapeau à la kinésithérapeute qui suit Coco chaque semaine depuis qu'elle a été diagnostiquée. Grâce à elle, nous constatons de réels progrès ! De plus, ses mots ont été d'un réel réconfort lorsque j'avais le moral dans les chaussettes. Cécile, si vous passez par là, sachez que je vous suis éternellement reconnaissante !PS : Coco, si tu passes par là dans 20 ans, sache que de te voir manger ton premier yaourt de bon cœur a été pour moi l'un des moments les plus forts dans les étapes de ta vie, à placer à côté de "les premiers pas", "le premier mot", "le premier jour de propreté". Je t'embrasse ma puce. 

  • BELLE ANNÉE 2017 !
    par Cicie le 14/01/2017

    Un petit passage par ici afin de souhaiter à tous mes lecteurs une belle année 2017.Peu m'importent les chiffres du compteur, je suis toujours ravie de voir que mes photos sont vues, que mes textes sont parfois lus, et que des échanges se créent.J'ai fait de jolies rencontres dernièrement grâce à internet, et j'espère en faire d'autres cette année encore, qui sait ?Prenez soin de vous,prenez soin de vos proches,à bientôt !

  • ALLEZ, SALUT LA DÉPRESSION POST-NATALE ! ET NE REVIENS PAS !
    par Cicie le 22/11/2016

    Je fais partie de ces mères qui connaissent la dépression post-partum.Elle dure depuis presque 8 mois maintenant et j'ai pensé parfois que cela m'était insurmontable. Je n'en suis pas tout à fait sortie, mais je ne suis plus complètement dedans non plus.Permettez-moi, maintenant que la force de m'exprimer et d'extérioriser m'est revenue, de coucher quelques lignes sur cette étape de ma vie de maman qui m'a été si difficile.Je souhaite m'exprimer car si, par chance, l'une d'entre vous vit la même chose et lit ces lignes ; je veux qu'elle sache qu'elle n'est pas seule. Je traverse également ce désert. Cette dépression, je me suis engouffrée petit à petit dedans, sans la voir arriver. Je pensais être bien plus forte, je pensais que c'était pour les autres. J'avais lu des articles sur le sujet, j'avais pris des vitamines à fond ainsi qu'un traitement homéopathique du tonnerre en fin de grossesse et un peu après l'accouchement.Je pensais même l'avoir évitée, cette dépression post-partum, après les quelques jours passés à la maternité sans un seul signe de moral à zéro.Et puis, presque 3 semaines après notre retour à la maison, les choses se sont compliquées.D'abord, il faut savoir que je suis  hypersensible. C'est quelque chose qui m'handicape tous les jours. Je ne parle pas de sensibilité à titre de qualité ; je parle de l'hypersensibilité, qui rend presque asociale. Tout me remue, tout me rend anxieuse. Mais alors après l'accouchement et ce désordre hormonal, mon dieu !  J'aurais dû - et je me le dis en me tapant la main sur le front - aller voir illico presto un psychologue après avoir donné naissance à Coco. Même avant.En plus de cela, mon amie la plus chère a vécu une des épreuves les plus dures de sa vie au même moment où je plongeais complètement. Elle avait besoin de parler, c'est totalement humain et très sain.  J'ai voulu m'investir à fond. Malheureusement, mon hypersensibilité de nature, aggravée par mon état post-partum ont fait que sa douleur m'a bouleversée. Je souffrais pour elle x 1000, je me sentais démunie. Elle était elle, dans une demande de réconfort très appuyée et je ne pouvais plus lui donner ce dont elle avait besoin. Je n'arrivais pas à me rendre disponible. Je sais qu'elle ne s'en est pas rendue compte mais elle m'en demandait beaucoup sans le savoir. Je ne lui en veux absolument pas, elle souffre et se tourne vers les personnes qu'elle aime le plus. Et puis je sais que le jour où elle aura un enfant, elle reviendra vers moi et me dira "Je ne me suis pas rendue compte. Je comprends maintenant". En parallèle à cela, lorsque ma fille est née, je voulais que tout soit parfait, à mon image mais cela ne l'était évidemment pas. Nous étions dans les travaux avec un nourrisson, notre architecte nous avait plantés parce qu'elle était en instance de séparation, je n'arrivais pas à trouver du temps pour réviser mon concours, ou pour moi, tout simplement.Je n'arrivais pas non plus à trouver ma place avec mon enfant parce que la famille de mon conjoint était un peu trop présente, par rapport à ce que je m'imaginais. J'étais sursollicitée à mon goût. Je n'étais pas à l'aise avec le rythme qui se mettait en place.Je sais qu'ils sont très heureux de l'arrivée de Coco, et qu'ils aimeraient la voir le plus souvent possible, mais je suis assez sauvage et j'aime avoir ma bulle. Je me suis sentie très vite oppressée par tant d'attention et de demandes. C'était de nombreuses fois par semaine. (Quand venez-vous ? Vous ne donnez plus de nouvelles, envoyez nous des photos, ça fait longtemps !) Parfois même de phrases maladroites ("On ne la voit pas grandir.") J'essayais néanmoins de répondre au mieux à tout le monde car je comprends qu'il soit compliqué d'être séparé de quelqu'un qu'on aime si fort, et qui plus est, grandit tellement vite !Cependant, mon regret a été de ne pas avoir su dire stop, sans avoir à me justifier. Je me suis rendue malade toute seule à faire les choses parfois à contre-cœur. (J'aurais dû par exemple expliquer que même si l'invention des smartphones est merveilleuse et nous permet de donner des nouvelles plus riches à nos proches - vidéos notamment -, envoyer du contenu aussi régulièrement qu'ils le souhaitent peut être très contraignant, surtout dans ma situation actuelle.)Il y a aussi les copains extérieurs à la famille qui me demandaient trop de temps, ce temps que je n'ai malheureusement plus aujourd'hui parce que je le consacre à la famille que je construis. Je sais que c'est difficile pour mes copines de concevoir que je n'ai pas le temps, ni l'envie de passer du temps avec elles, mais cela est malheureusement ainsi. Si j'avais du temps, pour être honnête, je rêverais de le passer plutôt avec ma grand-mère ou mes amies de toujours, celles du cercle restreint. Ou avec Monsieur, au cinéma, pour voir Bridget Jones !Je crois qu'autre chose m'a fait plonger un peu plus au fond : mon enfant présente un trouble alimentaire. Je vous expliquerai plus tard ce que cela représente car il y a peu d'information sur le sujet et c'est important de communiquer là-dessus. Pour résumer les choses simplement pour le moment : elle refuse de manger et ne grandit/grossit plus du tout.J'ai détecté très tôt que quelque chose n'allait pas chez mon enfant mais je n'ai pas trouvé l'écoute dont j'avais besoin auprès de ceux à qui je me suis adressée dans un premier temps : les spécialistes de la petite enfance par exemple.Je l'ai si mal vécu. J'ai encore un peu de rancœur, je vous l'avoue, car si on m'avait écoutée, peut être que les dégâts auraient été moindres. Les mois d'incompréhension à propos de ce qui se passait ont abimé la confiance que j'avais en moi en tant que mère, cela m'a déstabilisée, même si le diagnostic enfin posé m'a allégée d'un poids et nous porte aujourd'hui sur le bon chemin.Je me suis épuisée.Ah, je l'aime de tout mon coeur ma fille, si fort ! Je ne regrette absolument pas son arrivée.Mais à côté de cela, je suis tellement triste. La sentence est là : je ne suis pas heureuse alors que je devrais être si épanouie !J'aurais aimé vivre l'arrivée de mon enfant avec plus de légèreté, avec cette légèreté que j'entraperçois dans les yeux de beaucoup de jeunes mamans.Je pensais, après avoir vécu des choses compliquées bien avant ma vie de maman, que rien ne pourrait m'atteindre.J'ai sous estimé la dépression post-partum, vraiment.J'aurais du en parler, j'aurais du demander de l'aide. Je regrette aujourd'hui car j'ai beaucoup éprouvé mon conjoint avec mes crises de larmes, mes malaises, mes mots durs, mes états de fatigue, mon refus de vivre, mon agressivité et tout ce lot de joyeusetés liées à cet état dépressif.Il y a encore des jours où c'est très dur. Certains matins me paraissent encore insurmontables. Parfois j'aimerais tout effacer pour tout recommencer dans la joie et la bonne humeur.Malheureusement, cela est impossible. Je dois accepter d'avoir mal démarré. Aujourd'hui, il faut absolument que je me bouge les fesses pour sortir de cet état avant que ma fille comprenne ce qui m'arrive. Je refuse qu'elle ait un quelconque souvenir de moi en dépression. Je refuse d'impacter son quotidien plus que cela. Je retrousse donc mes manches depuis quelques jours en m'entourant des personnes nécessaires et/ou compétentes pour retrouver un état de bien-être.Je vais voir une psychologue.Je vois bientôt une somatologue pour agir au niveau de mon anxiété.J'ai entrepris une cure de vitamines, l'hiver arrivant et le soleil étant moins présent. (Ajoutez à cela la pluie en Bretagne haha)Je suis allée voir ma sage-femme pour régler tous ces petits inconforts du quotidien, comme une crevasse qui traine depuis un mois et quelques.Et puis, je m'ouvre à fond à ceux qui me font du bien :J'ai des super copines, rencontrées à la maternité, qui soufflent un vent de fraîcheur sur ma vie de maman. Avec elles, pas besoin de grandes explications, elle savent ce que je vis ou s'imaginent très bien ce que je peux vivre. Elles sont d'une grande délicatesse, cela m'apaise beaucoup de les voir.Il y a évidemment ma grand-mère, qui me connait par coeur et qui sait tellement y faire avec moi ! Elle sait se mettre en retrait quand il le faut, le temps qu'il (me) faut et être présente lorsque j'en ai besoin, de la plus juste des manières. J'admire cette qualité d'empathie qu'elle a. Il y a les mamans plus expérimentées qui partagent avec moi de précieux conseils et des échanges réconfortants à propos de cette nouvelle vie ; conseils et échanges que je ne peux pas avoir avec ma propre mère : Nathalie et Anne. Leur bienveillance est si rare !Et puis il y a aussi ma meilleure amie. Malgré son coeur brisé en mille morceaux, je sais qu'elle est là pour moi si j'ai besoin, toute disponible pour me laisser pleurer un bon coup au téléphone ou pour prendre le premier train afin de me rejoindre si je lui en fais la demande. Il y a enfin celles et ceux qui pensent à moi et qui savent avec justesse quand entrer en contact avec moi sans intrusion aucune. Si je ne peux pas répondre, ils n'insistent pas. Charlotte, Marjorie, Miko, Roro, Alex, Bibou d'amour, Linda, Agathe pour ne pas les citer.Mais je crois que finalement, je dois surtout tirer mon chapeau à l'amour de ma vie, celui qui se lève chaque nuit pour me déposer Coco au sein lorsqu'elle pleure, celui qui a pris le relais de tous les travaux pour que je puisse me reposer, celui qui la dépose le plus souvent à la garderie lorsque cela est possible, celui qui s'en occupe le matin pour que je puisse dormir plus longtemps ou qui me conduit partout pour m'éviter de prendre le volant.Celui qui me dit qu'il m'aime et que tout ira mieux tant que nous sommes tous les deux.Merci, je t'aime mon chat. Et OUI, je veux t'épouser !

  • SON PAPA BIEN À ELLE
    par Cicie le 25/08/2016

    La conception de la famille parfaite est propre à chacun. Néanmoins, je crois qu'elle est pour tous  représentée par la tendresse, la complicité, les rires et l'amour, évidemment. Comme certains enfants, je n'ai pas eu cette chance d'avoir des parents attentionnés dans ma vie passée. C'était même assez catastrophique, mais que voulez-vous. C'est ainsi : cela fait partie intégrante de mon histoire personnelle. Après un parcours semé d'embuches, je me suis résiliée, afin de mieux avancer à l'avenir. Cette résilience m'offre depuis quelques années un sacré privilège ; celui d'avoir les yeux et le cœur grands ouverts à ce que j'ai la chance d'avoir aujourd'hui dans ma vie : un papa très présent, un papa très impliqué pour mon enfant.Je suis heureuse que ma fille puisse grandir aux côtés d'un papa poule. Je n'aurais pu imaginer mieux comme revanche sur la vie me concernant !Un jour, je lui raconterai comme son papa la porte à bout de bras lorsqu'elle est inconsolable. Qu'il la porte parfois plus d'un heure pour la bercer, faisant des kilomètres dans le salon pour l'apaiser. Qu'il finit par avoir mal aux bras mais qu'il n'en dit rien, attendant patiemment qu'elle s'abandonne complètement, pour la coucher dans son berceau, habillée d'un baiser sur le front. Je lui révèlerai que c'est lui qui la distrait pendant chaque vaccin de la pédiatre, pour qu'elle ait moins mal. Je lui dirai que c'est lui qui sait la faire rire mieux que personne aux éclats. Je lui raconterai également que lorsque son papa rentre du travail le soir et que son regard croise le sien, je suis émerveillée par ce qui s'échange entre eux.Quels débuts pleins de douceur ! Je peux facilement imaginer comment sera cette relation père-fille dans quelques années :Lorsqu'elle aura 2 ans, il jouera à la dinette ou à la marchande avec elle, sans rechigner et avec beaucoup d'entrain. Faisant parfois semblant de boire un café crème cul sec, de déguster un délicieux cheese burger ou de rendre la monnaie après qu'elle lui ait acheté des pommes et des haricots verts. Lorsqu'elle en aura 4, il lui démêlera sa crinière et essayera tant bien que mal de lui faire une natte, une couette ou de fixer une barrette dans ses cheveux blonds avant d'aller à l'école. Il y mettra tellement de cœur pour qu'elle soit la plus jolie !À 7 ans, il lui dira encore et toujours "Que je te trouve jolie !" Et comme toute petite fille de 7 ans n'ayant d'yeux que pour son papa, elle basculera sa petite tête sur son épaule tout en se balançant sur elle même, le teint rosi et l'air intimidé. Il le lui dit tous les jours depuis qu'elle est née, et je suis certaine qu'il continuera à le faire, même quand elle aura 20 ans, même quand elle aura 40 ans.À 10 ans, c'est lui qui l'aidera à faire ses exercices de mathématiques, avec beaucoup de patience et de douceur.À 14 ans, je sais qu'il lui fera des tartines de confiture, de Nutella, de beurre ou même de fromage devant la TV si elle le lui demande. Et même s'il pense qu'elle est bien assez grande pour se les faire, il les lui fera. Et puis histoire de couronner le tout et lui montrer qu'il l'aime,  il lui fera des papouilles devant son programme préféré, pendant qu'elle grignotera ses tartines. C'est lui qu'elle appellera plus tard, adolescente, lorsqu'elle fera une grosse bêtise. Et puis, quand elle sera majeure, si elle a trop bu à la sortie de la boite de nuit, elle saura qu'elle peut l'appeler aussi sans hésiter. Elle saura qu'il préfèrera faire deux heures de routes à 4 heures du matin plutôt que de la savoir en difficulté. Et il la cueillera sans colère, aucune, sans sermon, aucun. Parce qu'il préfèrera qu'elle l'appelle de nouveau si besoin, plutôt qu'elle se retrouve livrée à elle même.Enfin, je sais que tout au long de sa vie, il lui dira qu'il l'aime plusieurs fois par jour. Et moi, de mon côté je n'envie sa place pour rien au monde. Je partage bien d'autres choses avec ma fille. En attendant, quand vient le tour de Monsieur de profiter d'elle et de tisser des liens, je me mets en retrait, et je me régale dans mon coin à les regarder, en me fabriquant de bien jolis souvenirs à lui raconter plus tard.