No bra – épisode 1 : l’abandon du soutif

L’idée de ce billet germe depuis déjà quelques temps dans mon esprit sans que je ne me décide à l’écrire. Porter ou ne pas porter de soutien-gorge, cette question si bête ne devrait pas être sujet à débat. Pourtant, je remarque que ce n’est finalement pas le cas. Alors juste comme ça, j’ai eu envie d’en parler un peu ici.    Le diktat du soutif J’ai, comme je pense la plupart des filles de ma génération (mais aussi de celles d’avant, et d’encore avant, et puis un peu aussi de la suivante tant qu’à faire) toujours entendu dire qu’il fallait porter un soutien-gorge pour ne pas avoir les seins qui tombent. C’était comme ça, un fait très certainement prouvé scientifiquement par Playtex à moins que ça ne soit Lejaby. J’ai donc, dès que mes moignons de seins ont daigné pousser, appliqué à la lettre le dictât édité par toutes les marques de lingerie du monde. Et puis, avouons-le, ça faisait super grande d’en porter. J’ai été gênée et serrée pendant un moment puis je m’y suis faite, tellement fière d’arborer cet ultime preuve de ma féminité. Pendant une bonne dizaine d’années j’en ai porté chaque jour, j’ai pris plaisir à les choisir, à admirer la forme qu’ils donnaient à ma poitrine. Je ne me sentais d’ailleurs pas à l’aise si je devais sortir sans. Puis j’ai rencontré l’homme. Il trouve que, quand même, c’est vachement plus joli sans. Alors, pour voir, j’ai osé abandonné mon bel artifice pour d’une heure ou deux, juste comme ça.    Découverte de la liberté Et j’ai vu ! Enfin j’ai surtout senti. Senti à quel point c’est confortable de ne pas être saucissonnée dans de la dentelle qui gratte. Senti aussi le bonheur de ne pas devoir remettre tous les ¼ d’heure une bretelle qui descend ou replacer l’attache qui abîme la peau du dos. Très vite, une petite sensation de liberté m’envahit (je sais, il m’en faut peu). J’y ai clairement et rapidement pris goût. Mais que le week-end et les vacances, faut pas déconner, couvrez ce sein que je ne saurais voir. Ben oui, si tout le monde au boulot découvre le grand secret des femmes, s’ils se rendent tout à coup compte qu’on a des tétons et que nos seins n’ont pas naturellement la forme d’un wonderbra, imaginez le scandale !  Comme les idées reçues ont souvent toujours la peau dure, je me suis un peu documentée histoire d’être certaine que mes seins ne risquaient pas de ressembler à des gants de toilettes après quelques mois en liberté. Et bim, révélation, que nenni mon ami, on nous raconte des conneries depuis plus de 100 ans ! Contrairement à ce que dit tatie Micheline les soutien-gorges n’empêchent pas l’action de la loi d’attraction sur nos délicieux attributs féminins, c’est même plutôt le contraire !    Des résultats d’études en faveur du no bra Les différentes études réalisées mettent en avant que, dans la plupart des cas, les seins se raffermissent et le niveau du téton par rapport aux épaules remonte chaque année. Certaines études pointent aussi du doigt un lien entre maux de dos et port du soutien-gorge. Il semblerait également qu’il puisse être à l’origine d’un risque plus élevé de cancer du sein.  Je tiens à préciser que je n’ai pas lu l’intégralité des études, que certaines sont encore en cours. Il s’agit d’un résumé succinct et surement simpliste, je vous invite à consulter les études pour en savoir plus.   Ce reportage est pas mal fait non plus.   Suite à ces recherches j’en ai donc conclu que j’étais libérée, délivrée… Plus besoin de s’infliger la torture de se sentir ficelé comme le rosbif du dimanche donc. La nouvelle m’a ravi, il ne restait plus qu’à l’enlever. Sauf que… ça n’a pas été si simple que ça en réalité. Week-ends, vacances et jours fériés pas de problème, mais au boulot c’était une autre paire de manches. Pendant des années j’ai continué à en porter la semaine, allant parfois jusqu’à l’enlever le midi à la maison sans oublier de le remettre au moment de partir, faudrait quand même pas que quelqu’un s’aperçoive de quelque chose.  Mais plus le temps passait et plus les journées en compagnie de mon outils de torture me pesaient. Après mes dernières vacances de Noël je n’ai pas réussi à en remettre, j’avais l’impression d’étouffer. J’ai donc camoufler l’affaire sous quelques couches de vêtements. Mais le printemps, et le déconfinement, m’ont bien obligé à les ressortir.    Et puis la révélation Un matin où je râlais parce que j’étais serrée dans mon engin de torture l’homme m’a regardé et a déclaré : je comprends pas tout, tu détestes ça, alors pourquoi tu t’entête à en mettre ? Y’a pas de loi qui t’y oblige que je sache. Qu’est ce qui t’empêche de vraiment arréter ?  Il avait posé LA question, celle à laquelle je n’étais pas certaine de vouloir répondre mais dont je connaissais déjà un peu la réponse. Je travaille principalement avec des hommes, et pourtant ce n’est pas leurs regards qui me gênent. Je crois que la plupart ne font pas franchement attention. La vérité, la vraie, c’est que j’avais peur de celui des femmes. Qui excellent dans la critique piquante de ses congénères, sifflant tel un serpent à sonnette ? Mais j’avais trop pris goût à la liberté pour reculer et peu à peu, très courageusement, je l’ai troqué contre des débardeurs. Au début, j’ai eu l’impression que les regards de mes collègues étaient braqués sur moi tel un projecteur de la gestapo. Mais, comme mon imagination me joue parfois des tours, j’en ai conclu que j’exagérais un chouilla et je me suis entêtée.  Passé la première semaine je n’y pensais même plus. La seconde semaine un vent de liberté a soufflé. Puisque le monde ne s’était pas arrêté de tourner j’allais continuer sur ma lancée (mais rassurez-vous, je garde tout de même ma culotte !).  Ce billet est déjà bien assez long comme ça, mais je promets aux lecteurs qui ont eu le courage d’arriver jusqu’ici que la prochaine fois je vous raconte ce que ça change vraiment pour moi, confort mise à part puisqu’il a déjà été largement abordé aujourd’hui. *** Et de votre côté, quelle relation entretenez-vous avec votre soutien-gorge ? Racontez-moi tout en commentaire !  
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Alinette

Le quotidien virevoltant d'une #happybusyworkingmum mais pas que!